Je n'aime pas la hierarchie. Ça, mes patrons commencent à le comprendre, et mon chef aussi. Finalement, je pense que toute la hierarchie "officielle" de l'entreprise à compris que toute expression ouverte de son autorité avait des conséquences négatives sur ma productivité et ma collaboration avec les intérêts capitalistes de l'entreprise. Mais depuis peu, je me suis retrouvé confronté à une nouvelle forme d'autoritarisme inattendu. Celle du petit lêche-cul qui veut devenir sous-chef.

C'est une forme d'autorité qui est complexe à gérer au premier abord, lorsque l'on veut être solidaire de l'ensemble des salarié-es, dans un esprit marxiste old-school. Mais c'est finalement quelque chose d'assez facile à comprendre dans la logique capitaliste néo-libérale. Chacun-e, dans son esprit d'entreprise individuelle doit niquer les autres et montrer sa superiorité et ses avantages comparatifs. Certes, dans mon cas on a tous les deux un boulot, et pas de concurrence "à priori", mais à l'image des grandes entreprises qui ont réussi, le but c'est de niquer la concurrence, même si elle n'est pas une menace, parcequ'à terme, elle pourraît en devenir une.

Voilà donc comment un collègue inoffensif à priori sort depuis quelques semaines son jeu pervers à chaque occasion. Il s'agit de corriger spontanément mon travail devant notre chef, puis de me donner des tâches qu'il serait bien que je fasse. Un petit peu les basses tâches dont il ne veut pas se charger. Plus pervers encore, il me demande de réaliser des tâches qui sont de sa compétence, pour le seul plaisir de les faire avant que je n'ai eu le temps de m'y atteler, parceque j'ai un autre métier malgré tout.

Entrer dans une guerre froide avec ce collègue, comme je le fais avec ma hierarchie officielle, ça n'est pas forcément la bonne stratégie, car ça me ferait passer de "chieur anti-chef" à "chieur tout court". Ma stratégie sera donc simplement d'entrer dans son jeu jusqu'à ce qu'il se lasse : lui laisser faire tout mon travail. Au bout d'un moment, il finira par arrêter de vouloir me donner des trucs à faire si il se rend compte que ça lui retombe sur la gueule.

Au final, je me demande si il s'agit du syndrome simple du "lêche cul premier d'la classe", ou d'une manipulation perverse de mon chef, qui remarquant mon refus de son autorité, la fait passer par la voix d'un collègue.

Mais pas de bol, peu importe la bouche d'où ça sort, l'autorité n'est pas bienvenue chez Marcel...