D'une manière générale, on considère que l'esclavage à été aboli et que c'est une bonne chose dans l'évolution de l'humanité. J'aurais tendance à être assez d'accord avec ce principe bien-pensant, mais parfois, je me demande à quel point il a été aboli. Surtout quand j'observe l'animal étrange qu'est mon patron dans son environement naturel : les couloirs de l'entreprise.

Alors certes, la relation officielle entre lui et ses sujets s'appelle "salariat", mais parfois ça laisse songeur. On connaissait le principe de la "secrétaire particulière" (à disposition permanente et unique de son patron), et autres assitant-es à plein temps (j'entends par là 24h/24), et bien je crois que ça manque à l'un de mes partron, parcequ'à défaut d'en avoir un-e, il considère certain-es salarié-es comme tel-le.

Depuis des mois que je l'observe, j'ai pu observer la manière dont il utilise mon collègue pour ses problèmes personnels.

Il y a quelques temps, il lui a donc confié la tâche de préparer un ordinateur portable de notre stock de vieux ordinateurs pour son usage personnel. Et comme si cela ne suffisait pas, il a également confié à ce dernier la tâche d'aller faire ses courses, car Monsieur à besoin d'une webcam avec cet ordinateur portable. Ça va sans dire que la configuration du bouzin doit également être réalisé par le collègue dans ses heures de travail. Comme si ça suffisait pas, dans le forfait on trouve aussi la formation aux outils adaptés. "Tiens, regarde voià comment tu vas pouvoir faire du chat érotique avec ta femme quand tu es en déplacement aux frais de la boite !"

Quelques semaines plus tard, un autre patron récupérait aussi à titre privé un ancien ordinateur portable de notre stock, -licences des logiciels comprises-, pour son usage personnel. À nouveau, mon collègue a dû interrompre ses occupations, pour préparer l'engin pour le lendemain.

De manière assez régulière, il nous est également demandé d'aller choisir un disque dur, un vibromasseur usb, ou tout autre accessoire en relation avec les ordinateurs privés de la direction, pendant nos heures de travail.

Un peu après Noël, l'un des patrons qui s'était payé un nouvel appareil photo numérique est venu dans mon bureau affolé. Opération d'une priorité absoule. Il avait malencontreusement effacé ses vidéos HD de noël où son petit bout-de-chou ouvre ses dizaines de jolis paquets cadeaux. Il me fallait donc faire une opération de sauvetage de données pour que ce souvenir d'un noël radieux soit sauf. Je suis sûr que les vidéos de noël des ouvrié-eres de la production n'étaient ni en HD, ni aussi longues. Mais bon, elles avaient sûrement moins de valeur. Après avoir travaillé au mi-temps imposé pendant 6 mois, leurs enfants ont du avoir moins de cadeaux...

Je ne sais pas si on peut qualifier ça d'un abus de pouvoir ou d'un détournement de biens, mais en tout cas, la prochaine fois qu'un patron viendra m'expliquer qu'une nouvelle mesure scélérate proposée est à prendre en compte non pas pour eux, mais pour la santé de la boîte, je crois que je le verrai encore un peu plus amèrement...