Le blog de Marcel

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jeudi 20 août 2009

SPD : enfoiré-es

Bon, j'avoue que le titre peut paraître un peu lointain de mon monde du travail, mais vous allez comprendre.

Mon patron préféré a envoyé un mail à tou-tes les salarié-es aujourd'hui, pour nous annoncer des visiteu-ses/rs demain. On commence à être un peu habitué-es, et généralement, ce genre de mail ne contient qu'un simple "comme d'habitude !", puisque chacun-e sait déjà qu'il faut être sourillant, cacher la misère sous le tapis et fermer les portes secrètes.

Mais là, oh surprise, le mail d'information est très long. C'est qu'il s'agit d'un cas exceptionnel, le candidat local du SPD pour le Bundestag vient voir comment se portent les entrepreuneu-se/rs locaux. C'est gentil ! Donc notre gentil patron qui reçoit la visite d'un gentil candidat social-démocrate nous rappelle qu'il n'est pas question que l'entreprise s'affiche comme soutenant un parti quelqu'il soit. Il est juste question d'avoir des contacts haut placés qui "ont une influence non négligeable sur l'attribution des budgets et des marchés publics". Bref, on les reçoit avec le sourire, comme ça ils rempliront le caddie chez nous. N'oubliez jamais, la politique ça sert avant tout à faire tourner la boutique.

Quelques petits détails se rajoutent aux conseils usuels. Il est de bon ton de ne pas parler de nos problèmes à ce politicien, car la presse-bourgeoise qui le suit pourrait en prendre bonne note, ce qui aurait pour conséquence malheureuse de donner des informations à la concurence. Et hop, voilà comment on utilise une clause de confidentialité d'un contrat de travail pour en faire un outil de censure politique. J'avoue, je n'avais pas vu la subtilité en signant mon contrat de travail, et je dois dire que c'est du grand art !

À côté de ça, il est rappelé pour c-elles/ux qui n'auraient pas compris, qu'il est impératif de garder le silence radio sur les mesures scélérates et éviter les questions de "la crise". En même tant, à quoi bon... Parceque n'oublions jamais : les sociaux-traitres ne changeront de toute manière jamais rien à la vie des travailleu-se/rs, alors ça sert donc à rien qu'ils sâchent qu'on en chie... Et puis d'ailleurs, si ils/elles s'en inquiétaient vraiment, ils/elles auraient pris rendez vous avec les salarié-es, pas avec les patrons...

Si il y avait un syndicat dans la boite, on aurait pu faire une petite opération 2 pour le prix d'un : taper sur le SPD et sur les patrons en un seul coup. Mais là, je crois que je n'ai pas trop le courage de m'y lancer tout seul...

En tout cas, pour moi le SPD vient de confirmer dans quel camp il se trouve, qu'il y crêve.

jeudi 18 juin 2009

L'art de la communication

Aujourd'hui, la direction nous a informé d'un whitepaper à lire, concernant notre stratégie de communication vers l'exterieur. L'art du mensonge reviens, mais là il est imprimé noir sur blanc.

Quatres pages pour résumer ce que le public à le droit de savoir, mais surtout d'ignorer. Je ne résiste pas. Je saute sur le document dès qu'il arrive dans ma boite aux lettres. Avec un café et une gauffre, c'est un régal au petit déjeuner.

Le document se décompose en 4 parties :

  • La motivation d'un tel document
  • les points important à faire passer
  • les faits importants
  • une foire aux questions

Ce document est nécessaire parceque nous avons de nouve-lles/aux salarié-es. J'en suis ravis. Mais je crois que c'est surtout parceque nous avons des ancien-nes salarié-es, et qu'il faut nous rappeler que ça ne doit pas se savoir. Je continue et je lis que la firme grandi fortement. À part dans les mesures scélérates, les licenciements et le temps partiel imposé, je vois pas trop ce qui a grandi. Mon salaire a plutôt rétréci pour sa part, mais bon, si les patrons disent que l'entreprise grossi, je veux bien les croire... peut être parlent-ils de ses dettes ? Je continue. Oh, ça devient intéressant. "Rassurer les marchés". Bon, j'avoue c'est pas écrit comme ça, mais c'est comme ça que je comprend "Donner une image uniforme et prévenir l'insécurité du marché". L'uniforme, c'est vrai que ça rassure les marchés, mais c'est une autre histoire...

On en arrive aux points centraux de la communication d'entreprise. Irradier sa confiance dans la stabilité de l'entreprise, voilà le point central (et donc, ça va rassurer les clients et le marché...). Nous sommes fort, et en bonne santé ! En lisant ça, ça donne envie d'aller demander une augmentation... Un peu plus loin pour les distraît-es, on en reprend une couche. "Présenter l'entreprise comme une modèle de réussite de croissance". Wahou, rien que ça. Éviter d'utiliser les expressions comme "Start-up" ou "petite entreprise". D'orénavent, j'utiliserai "End-Down" pour décrire où je travaille. Parce que décidément, on va finir très bas. Je continue ma lecture... Il est de bon ton lorsque l'on discute avec des client-es de préciser que notre entreprise n'est pas en bourse, parceque de nos jours, être en bourse c'est mal vu, et surtout les gens ont compris que la bourse, ça fait couler les boites. Si je comprend bien, nous avons donc échappé à la crise et nous avons réussi une croissance stable car nous ne fricottons pas avec les marchés financiers ! Certes on n'est pas en bourse, mais lire ça, ça chatouille quand même un peu.

Le contenu étant bien défini, on arrive à ce qu'ils appellent les "faits clés". J'ai quelques relents de café, mais je reprend un biscuit pour continuer la lecture. Beaucoup de blabla. 10% du capital appartient à une banque, le reste aux patrons. Très bien, ça permet d'avoir en tête où sont les intérêts de chacun-e. On y apprend aussi qu'on est une boite de 70 salarié-es. Je ne résiste pas à la lecture de cette information, et je retourne jeter un oeuil sur ma liste téléphonique. Bon, c'est arroni à une dizaine au dessus. Si on prend tous les gens en congé parental, en demi-poste imposé, et bien ça fait une beau chiffre bien gonflé. Ah oui, et ils ont fait le document en juin, comme ça on peu compter encore dans la filliale le double des salarié-es qui y seront plus le mois prochain car ils ont déjà été licencié-es.

On continue avec du blabla et ça fini par une information intéressante : la boîte est profitable et investit dans sa croissance. Elle ferait mieux d'investir dans des conditions de travail décentes pour ses salarié-es. Aller, encore une petite blague pour finir. Si lors d'un salon, quelqu'un-e prétend vouloir travailler chez nous, il faut lui dire qu'il y a des postes à pourvoir. Vous avez un doctorat ? Vous voulez jouer avec de la haute technologie ? Venez faire un stage gratuitement chez nous pour vous épanouïr dans votre vie !

C'est rigolo, ce document s'appelle "Juin 2009 : les faits". Moi j'aurais appelé ça "2009 : L'effet du joint".