Dans un précédent post, je parlais d'un problème de hierarchie, et du côté absoluement désagréable de voir un petit lêche-cul premier de la classe vouloir jouer au chef avec moi.

Apparement, cela ne déplait pas à tout le monde. En tout cas, mon chef lui aime ça. Un petit arriviste bien docile qui se tue à la tâche et prends des initiatives pour commander les autres, c'est beau, ça lui ressemble, donc il est de bon ton de le chouchouter. Bref, il y a 2 semaines mon chef a profité de notre réunion hebdomadaire, pour nous faire part du fait qu'il avait nommé le petit nouveau "chef technique" d'une partie du département informatique. Le processus pour choisir de donner cette responsabilité au dernier arrivé est assez typique du focntionnement de la boite : L'arbitraire du chef à parlé. Que cela serve d'exemple, plus on se sacrifie pour l'entreprise, moins on réclame de récupérer ses heures supplémentaires, plus les chances d'évolution sont grandes. Histoire de tout de même rendre justifiable cette promotion soudaine, notre chef procèdera prochainement à des entretients salariaux avec les autres informaticien-nes "prochainement". Je ne sais pas bien comment les informaticien-nes se retrouvant sous la "direction technique" alors qu'il ont 3 à 10 ans d'ancienneté de plus le prennent, mais moi, je n'aurais pas forcément été très content si il était devenu mon chef de cette manière...

Mais qu'on se rassure, le chef supérieur a précisé que ce poste ne donne pas de responsabilité envers les autres informaticien-nes. Voyons ce que cela donne en pratique.

Un peu plus d'une semaine s'est écoulée depuis cette nomination, et les traces de dents rayent déjà le parquet des salles de réunion. Le titre fraîchement obtenu à donné une sensation de pouvoir au sous-chef, qui dépasse largement ses affectations officielles. Pour pouvoir prendre la mesure des chevilles, rien ne vaut une bonne réunion hebdo. Hasard absoluement formidable pour l'étude socio-psychologique de notre cas, le chef de service était malade le jour de la réunion suivant la nomination. Cela arrive de temps en temps. Selon l'urgence et la période de maladie du chef, les réunions étaient jusqu'alors déplacées ou une personne était chargée de l'animer en l'abscence du chef. Le résultat que j'avais observé jusqu'alors était une ambiance nettement plus détendue, une réunion durant moitiée moins de temps, où l'atmosphère de contrôle imposé par le chef avait disparu. Bref, une réunion agréable. Mais voilà, l'horizontalité informelle et la relation à peu prêt égalitaire qui existait entre collègues, malgré les différences d'âge et d'ancienneté à disparu cette semaine. Face à l'atmosphère détendue des participant-es, j'ai pu remarquer rapidement un rabas-joie la ramener. Je crois que le but était de confirmer son nouveau statut aux collègues. Et pour cela, rien de tel que la reproduction comportementale. Même posture, même genre de réthorique, questions incistantes aux collègues expliquant leur travail avec comme seul but de les déstabiliser, même si le sujet en question ne l'intéresse pas, blague du genre "tu n'as pas grand chose à faire ? on va réussir à te donner du travail !" et j'en passe.

Le summum de la reproduction est arrivé quand je présentais mon travail de la semaine passée, en expliquant un peu la situation d'une problématique intéressant potentiellement tout le monde. "On en parlera après la réunion si tu veux bien". Me voilà donc "convoqué" autoritairement par le sous-chef, exactement de la même manière que le fait mon chef lorsque je l'ai trop fait chier et qu'il veut régler un conflit. Si il avait été là question d'un thème relativement urgent, j'aurais pu éventuellement comprendre la nécéssité d'en parler après la réunion. Mais rien de tout ça. Un projet là depuis 6 mois, qui sera là pour 6 mois encore et dont la priorité est vraiment ridicule. Le but de "convoquer" cette discussion après la réunion était juste une manière de montrer son pouvoir. À la fin de la réunion, je me lève pour me barrer et il me dit "reste voir qu'on discute de ce projet". J'ai beau lui dire qu'il n'y a rien de neuf, et que cette réunion n'avancera en rien le problème, il insiste. Comme un autre collègue reste aussi, je me lance, juste pour jouer...

Au final, une réunion inutile, où l'on a parlé de rien, pris aucune décision, et où mon activité à consisté à sortir des vannes à chaque phrase du sous-chef et à parler au chien pendant qu'il me parlait. Au moins maintenant, je n'ai plus à avoir le complexe de la bienscéance nécessaire entre collègues, parcequ'il est passé de l'autre côté !