Ici, nos patrons et nous avons une relation assez classique en apparence, dans le cadre du travail salarial. Au delà des histoires de cul, on a des histoires de salaires.

Je vais laisser de côté les histoires de cul pour une prochaine fois, parce que les histoires de salaires vont déjà prendre un petit moment (certainement plusieurs chroniques) et sont certainement bien plus excitantes...

Mes lect-rices/eurs fidèles l'auront certainement remarqué, j'ai souvent évoqué sur ce blog des "mesures scélérates de sortie de crise". J'y reviendrai dans un prochain billet, mais il s'agissait déjà d'une des premières "affaire de salaire" de ma boite. En substance, nos patrons ont demandé à leurs salarié-es en décembre dernier de renoncer à leur salaire du mois, en continuant à travailler gentillement, le tout pour transformer un mauvais bilan en un bilan positif, et faire jouïr les bourses de la banque qui leur prête des sous-sous. C'est donc prouvé par la pratique de notre entreprise, le salaire est la variable d'ajustement la plus efficace pour faire plaisir aux marchés... Enfin, une variable, mais qui ne varie en pratique que vers le bas. Mais je m'égare, et revenons en à nos saute-moutons.

Cette première "affaire de salaire" fût également mon vrai dépucelage salarial. Et bien ça fait mal, le viol comme première expérience, c'est pas idéal pour continuer à aimer ça. Certes, je me suis défendu à grand coups de pieds dans les bourses, mais ça laisse un souvenir amère quand les agresseurs reviennent à la charge. Au final, j'ai été le seul salarié à ne pas accepter de travailler gratos, et à ne pas renoncer à son salaire. Résultat, je sème la zizannie au service comptabilité !

Comme je ne suis pas un gros flambeur et que je touche plus de pognon que j'en dépense, et bien je ne fais plus trop gaffe à mes finances. Cela dit, je me suis mis à contrôler un peu mes fiches de paye et les virements qui avaient été réalisés sur mon compte il y a quelques jours, à la base, pour voir combien de jour de congé sans soldes avaient été déjà retirés avant la mise en place de leur retrait automatique... Et bien c'était plutôt une bonne idée. Je me suis donc rendu compte assez rapidement qu'il valait mieux aller dire bonjour à la banquière pour qu'elle confirme qu'effectivement, il manquait un salaire. Bon, j'ai mis 4 mois pour m'en rendre compte c'est un léger de ma part, mais le fait reste qu'il manquait l'air de rien, avec le salaire de mars nommé avril, et le salaire de mars réel envolé dans la nature.

En allant frapper aux ressources humaines, le responsable a admis son "erreur" assez rapidement. Quelques jours plus tard, le temps de "tout recontroller" il est revenu en m'expliquant les choses obscures de mes fiches de paye, et en m'apprenant également qu'ils avaient pris 2 jours de congés sans solde en trop au mois de février. Bref, régularisation de la situation.

Un peu facile mes direz vous, et j'avoue que j'ai quelques doutes sur sa bonne foi... mais il est arrivé un élément nouveau.

Hier, l'un des patrons, nous envoie un mail au sujet évocateur "salaires du mois d'Août". Avant même de l'ouvrir, je m'attends à un nouveau retard de salaire. Mais là, oh surprise, c'est différent. Les salaires ont bien été virés, mais... 2 fois au lieu d'une "parce que le logiciel a eu un bug". Le logiciel à bon dos lorsque le problème se situe entre la chaise et le clavier... Il nous demande donc de gentillement rendre les sous-sous à papa, car c'est trop compliqué et trop cher de faire ça via la banque. Rhoooooooo, c'est quand même pas de chance ça ! C'est stupide, mais je pense que cela prouve la bonne foi des ressources humaines vis à vis de mon salaire manquant : ce sont des boulets.

Par contre, je me demande bien quelle comportement vont adopter les autres salarié-es. Finalement, ce salaire de trop, ça n'est que le remboursement de celui qu'on leur a volé en décembre, alors le "rendre" n'a pas vraiment de sens... Si je voulais rééquilibrer la balance, je pourrais le garder 4 mois, parce que bon, celui qu'on m'a payé en retard, j'ai pas vu beaucoup d'intérêts dessus. En tout cas, 4 mois ou pas, ils vont l'attendre encore un peu...