Aujourd'hui, nos patrons nous avaient convoqué pour une réunion trimestrielle d'information sur l'état de l'entreprise. Ils ont commencé à organiser ça tous les 3 mois depuis décembre dernier (je raconterai ça un jour sur ce blog...)

Bref, ces réunions ont pour but de nous faire partager de manière régulière l'état de santé de l'entreprise (un peu comme Mitterand à son époque), et les mesures restrictives qui vont avec. C'est présenté comme étant un moyen de garder une bonne transparence, alors autant en profiter pour jouer avec la direction là dessus...

Donc aujourd'hui, nous avons appris que ça allait bien, mais que un petit problème de trésorerie nous donnerait 2 semaines de retard sur notre salaire de juin. Bon, on commence à être habitué-e, donc on s'en fout presque, on mangera des pâtes. À côté de ça, une des mesures qu'ils avaient demander en décembre, à savoir que chacun-e prenne des jours de congés sans solde n'a pas été vraiment mis en application pour l'instant parcequ'ils ont merdé dans la gestion. Donc à partir de juillet, tous les salaires seront automatiquement diminué de 2 jours de congés sans solde. Pour c-elles/ux qui ne voudraient les prendre que plus tard, ça va aussi. En gros, on nous facture à l'avance un crédit de 10 jours de congés.

Après cela, quelques explications sur les nouveaux produits, a eu lieu. Nous sommes formidables.

Comme les 3/4 des meubles ont été pris dans la filiale pour ramener dans la maison mère, et bien il a bien fallu dire quelques mots sur cette filiale. J'ai donc appris avec émotion, que 50% des locaux avaient été laissés, et qu'un chef de projet avait été licencié. Mais maintenant, le "noyau" qui était resté était super motivé et allait travailler sur un nouveau produit révoutionnaire. La présentation continue sur de l'autopub. Vient enfin le temps des questions.

Personne ne dit rien... Finallement, un fraiseur, qui a déjà été mis au "Kurzarbeit" (réduction imposée du temps de travail), dis "oui, mais quand même ça va être un peu chaud du cul d'avoir 2 semaines de retard sur nos payes". Les patrons ont répondu que oui, mais c'était comme ça. Suivent quelques questions technique sur la facturation des vacances.

Assis sur mon fauteil de ministre, (on a pas assez de chaises dans la salle de réunion, alors chacun-e ramène la chaise de son bureau), j'ai demandé l'air naïf quelques précisions sur "le noyau dur de la filiale". Plus exactement sur le nombre qu'ils sont. J'attends quelques secondes qu'ils préparent leur réponse, et je rajoute "oui, parcequ'ils sont plus que 6 sur la liste téléphonique alors qu'ils étaient une vingtaine autrefois, et c'est bizarre, j'ai découvert ça par hasard mais personne ne nous a prévenu !". Ce petit moment a été une assez forte jouissance. Retourner la relation de pouvoir, c'est vraiment agréable. Je crois que la moitié des salarié-es ont appris de ma bouche cet état de fait. On a eu alors droit à une superbe explication. Les salarié-es de la filiale sont nul-les, c'est pour ça qu'on les a viré-es. Nous, dans la maison mère, on est tellement bon-nes ! Et puis "beaucoup" sont parti-es d'elles/eux même, par exemple pour suivre leur femme qui a déménagé ! (c'est sûr ! Il y devait y en avoir au moins 30 dans ce cas ! ...). Mais bon, en chatouillant un peu, on arrive à tirer quelques vraies explications. On allait pas garder des doublons par rapport aux compétences de la maison mère. Donc on vire tout ce qu'on sait faire chez nous, par exemple, tou-tes les développeu-ses/rs logiciel. Arrive alors la déclaration magique : "l'équipe qui reste va être intégré formidablement bien !". Ce sont vos collègues directs désormais, c'est comme si il travaillaient à côté ! Elles/Ils font partis de l'équipe ! Du pain bénit. J'étais un peu joueur aujourd'hui, alors je suis retourné à la charge. "C'est marrant, y'a 1 an, on nous a dit mot pour mot la même chose. Leur nom d'origine ne devait plus être utilisé tellement ils étaient nos collègues. Et plouf plouf, ils ont repris leur identité le temps de les "nettoyer".". Après cette phrase, j'ai pu avec une certaine satisfaction voir des sourires sur la bouche de quelques collègues. La discussion s'est terminée par "d'autres questions sur d'autres sujets ?".

Le nettoyage silencieux à merdé aujourd'hui, je suis assez fier de moi.