Le blog de Marcel

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jeudi 9 juillet 2009

Congés payantes

Il y a de cela quelques mois (en décembre dernier pour être précis), la "crise" a été livré par le père noël aux salarié-es de la boite.

Youpi ! Des petits paquets pour tout le monde ! Parmis ces paquets de mesures, toutes plus scélérates les unes que les autres, il y en avait quand même une sympathique : chacun-e était invité-e à prendre plus de vacances pour l'année 2009. Certes, des congés sans solde, mais pour le coup, ça m'arrangeait plutôt bien, comme j'avais besoin d'un peu plus de temps pour faire des choses utiles... Comme je l'ai vaguement énoncé dans un billet précédent, la "facturation" de ces vacances qui devait se faire à mesure se fera finalement dans les 5 derniers mois de l'année à raison de 2 jours/mois.

Pour c-elles/ux qui ont l'immense privilège de ne pas être à temps partiel, ça fait quand même une baisse de 8% du salaire sur les 5 derniers mois. Ils avaient promis que les personnes mises au temps partiel n'auraient pas à prendre ces congés, je suis pas trop sûr que ça ait été vraiment respecté... Bref, vous me direz au moins ces 8% de baisse de salaire correspondent à 8% de réduction de temps de travail !

Oui, mais non. Ici, c'est la magie de Disney dans un oeuf Kinder.

Lors d'une de nos réunion de service qui a suivit la dernière réunion de l'ensemble des salarié-es, notre chef nous a "réexpliqué" le système de la facturation des congés sans solde. "Ça n'est pas parcequ'il y a 2 jours par mois qu'il faut impérativement les prendre chaque mois" qu'il nous dit. Il ajoute après un petit détail qui chatouille... "Mais d'ailleurs, on a vraiment beaucoup de travail au niveau logiciel, et vous avez le droit de prendre ces congés, c'est évident ! Mais si vous ne les prenez pas, ça serait vraiment bien pour l'entreprise !".

Rien que ça !

Pour mémoire, ce petit paquet cadeau à connu les mutations suivantes :

  1. "Il serait vraiment bien que chacun-e des salarié-es prenne 10 jours de congés sans solde en 2009 !" (ah oui ? on a le choix ? trop cool !)
  2. "Les 10 premiers jours de congés que vous prendrez seront considérés comme sans-solde !" (le volontariat a déjà été remplacé par une acceptation de fait uni-latérale)
  3. "On a merdé et on vous facturera les 10 jours de congés les 5 derniers mois de l'année" (et hop, vive la précarité. Celui/celle qui avait compté sur son salaire complet pour la fin de l'année peut se brosser...)
  4. "Finalement, maintenant qu'on a organisé la machine pour vous facturer tou-tes de la même manière, ça serait gentil de pas prendre ce qu'on vous a vendu de force" (le chantage affectif pour mère entreprise est revenu !)

Voilà comment on transforme discrètement une proposition basée sur le volontariat en devoir scélérat sans que personne ne bronche.

Y'a pas à dire, vive l'entreprise et vive le salariat !

jeudi 18 juin 2009

L'art de la communication

Aujourd'hui, la direction nous a informé d'un whitepaper à lire, concernant notre stratégie de communication vers l'exterieur. L'art du mensonge reviens, mais là il est imprimé noir sur blanc.

Quatres pages pour résumer ce que le public à le droit de savoir, mais surtout d'ignorer. Je ne résiste pas. Je saute sur le document dès qu'il arrive dans ma boite aux lettres. Avec un café et une gauffre, c'est un régal au petit déjeuner.

Le document se décompose en 4 parties :

  • La motivation d'un tel document
  • les points important à faire passer
  • les faits importants
  • une foire aux questions

Ce document est nécessaire parceque nous avons de nouve-lles/aux salarié-es. J'en suis ravis. Mais je crois que c'est surtout parceque nous avons des ancien-nes salarié-es, et qu'il faut nous rappeler que ça ne doit pas se savoir. Je continue et je lis que la firme grandi fortement. À part dans les mesures scélérates, les licenciements et le temps partiel imposé, je vois pas trop ce qui a grandi. Mon salaire a plutôt rétréci pour sa part, mais bon, si les patrons disent que l'entreprise grossi, je veux bien les croire... peut être parlent-ils de ses dettes ? Je continue. Oh, ça devient intéressant. "Rassurer les marchés". Bon, j'avoue c'est pas écrit comme ça, mais c'est comme ça que je comprend "Donner une image uniforme et prévenir l'insécurité du marché". L'uniforme, c'est vrai que ça rassure les marchés, mais c'est une autre histoire...

On en arrive aux points centraux de la communication d'entreprise. Irradier sa confiance dans la stabilité de l'entreprise, voilà le point central (et donc, ça va rassurer les clients et le marché...). Nous sommes fort, et en bonne santé ! En lisant ça, ça donne envie d'aller demander une augmentation... Un peu plus loin pour les distraît-es, on en reprend une couche. "Présenter l'entreprise comme une modèle de réussite de croissance". Wahou, rien que ça. Éviter d'utiliser les expressions comme "Start-up" ou "petite entreprise". D'orénavent, j'utiliserai "End-Down" pour décrire où je travaille. Parce que décidément, on va finir très bas. Je continue ma lecture... Il est de bon ton lorsque l'on discute avec des client-es de préciser que notre entreprise n'est pas en bourse, parceque de nos jours, être en bourse c'est mal vu, et surtout les gens ont compris que la bourse, ça fait couler les boites. Si je comprend bien, nous avons donc échappé à la crise et nous avons réussi une croissance stable car nous ne fricottons pas avec les marchés financiers ! Certes on n'est pas en bourse, mais lire ça, ça chatouille quand même un peu.

Le contenu étant bien défini, on arrive à ce qu'ils appellent les "faits clés". J'ai quelques relents de café, mais je reprend un biscuit pour continuer la lecture. Beaucoup de blabla. 10% du capital appartient à une banque, le reste aux patrons. Très bien, ça permet d'avoir en tête où sont les intérêts de chacun-e. On y apprend aussi qu'on est une boite de 70 salarié-es. Je ne résiste pas à la lecture de cette information, et je retourne jeter un oeuil sur ma liste téléphonique. Bon, c'est arroni à une dizaine au dessus. Si on prend tous les gens en congé parental, en demi-poste imposé, et bien ça fait une beau chiffre bien gonflé. Ah oui, et ils ont fait le document en juin, comme ça on peu compter encore dans la filliale le double des salarié-es qui y seront plus le mois prochain car ils ont déjà été licencié-es.

On continue avec du blabla et ça fini par une information intéressante : la boîte est profitable et investit dans sa croissance. Elle ferait mieux d'investir dans des conditions de travail décentes pour ses salarié-es. Aller, encore une petite blague pour finir. Si lors d'un salon, quelqu'un-e prétend vouloir travailler chez nous, il faut lui dire qu'il y a des postes à pourvoir. Vous avez un doctorat ? Vous voulez jouer avec de la haute technologie ? Venez faire un stage gratuitement chez nous pour vous épanouïr dans votre vie !

C'est rigolo, ce document s'appelle "Juin 2009 : les faits". Moi j'aurais appelé ça "2009 : L'effet du joint".

mardi 19 mai 2009

Vive la transparence !

Aujourd'hui, nos patrons nous avaient convoqué pour une réunion trimestrielle d'information sur l'état de l'entreprise. Ils ont commencé à organiser ça tous les 3 mois depuis décembre dernier (je raconterai ça un jour sur ce blog...)

Bref, ces réunions ont pour but de nous faire partager de manière régulière l'état de santé de l'entreprise (un peu comme Mitterand à son époque), et les mesures restrictives qui vont avec. C'est présenté comme étant un moyen de garder une bonne transparence, alors autant en profiter pour jouer avec la direction là dessus...

Donc aujourd'hui, nous avons appris que ça allait bien, mais que un petit problème de trésorerie nous donnerait 2 semaines de retard sur notre salaire de juin. Bon, on commence à être habitué-e, donc on s'en fout presque, on mangera des pâtes. À côté de ça, une des mesures qu'ils avaient demander en décembre, à savoir que chacun-e prenne des jours de congés sans solde n'a pas été vraiment mis en application pour l'instant parcequ'ils ont merdé dans la gestion. Donc à partir de juillet, tous les salaires seront automatiquement diminué de 2 jours de congés sans solde. Pour c-elles/ux qui ne voudraient les prendre que plus tard, ça va aussi. En gros, on nous facture à l'avance un crédit de 10 jours de congés.

Après cela, quelques explications sur les nouveaux produits, a eu lieu. Nous sommes formidables.

Comme les 3/4 des meubles ont été pris dans la filiale pour ramener dans la maison mère, et bien il a bien fallu dire quelques mots sur cette filiale. J'ai donc appris avec émotion, que 50% des locaux avaient été laissés, et qu'un chef de projet avait été licencié. Mais maintenant, le "noyau" qui était resté était super motivé et allait travailler sur un nouveau produit révoutionnaire. La présentation continue sur de l'autopub. Vient enfin le temps des questions.

Personne ne dit rien... Finallement, un fraiseur, qui a déjà été mis au "Kurzarbeit" (réduction imposée du temps de travail), dis "oui, mais quand même ça va être un peu chaud du cul d'avoir 2 semaines de retard sur nos payes". Les patrons ont répondu que oui, mais c'était comme ça. Suivent quelques questions technique sur la facturation des vacances.

Assis sur mon fauteil de ministre, (on a pas assez de chaises dans la salle de réunion, alors chacun-e ramène la chaise de son bureau), j'ai demandé l'air naïf quelques précisions sur "le noyau dur de la filiale". Plus exactement sur le nombre qu'ils sont. J'attends quelques secondes qu'ils préparent leur réponse, et je rajoute "oui, parcequ'ils sont plus que 6 sur la liste téléphonique alors qu'ils étaient une vingtaine autrefois, et c'est bizarre, j'ai découvert ça par hasard mais personne ne nous a prévenu !". Ce petit moment a été une assez forte jouissance. Retourner la relation de pouvoir, c'est vraiment agréable. Je crois que la moitié des salarié-es ont appris de ma bouche cet état de fait. On a eu alors droit à une superbe explication. Les salarié-es de la filiale sont nul-les, c'est pour ça qu'on les a viré-es. Nous, dans la maison mère, on est tellement bon-nes ! Et puis "beaucoup" sont parti-es d'elles/eux même, par exemple pour suivre leur femme qui a déménagé ! (c'est sûr ! Il y devait y en avoir au moins 30 dans ce cas ! ...). Mais bon, en chatouillant un peu, on arrive à tirer quelques vraies explications. On allait pas garder des doublons par rapport aux compétences de la maison mère. Donc on vire tout ce qu'on sait faire chez nous, par exemple, tou-tes les développeu-ses/rs logiciel. Arrive alors la déclaration magique : "l'équipe qui reste va être intégré formidablement bien !". Ce sont vos collègues directs désormais, c'est comme si il travaillaient à côté ! Elles/Ils font partis de l'équipe ! Du pain bénit. J'étais un peu joueur aujourd'hui, alors je suis retourné à la charge. "C'est marrant, y'a 1 an, on nous a dit mot pour mot la même chose. Leur nom d'origine ne devait plus être utilisé tellement ils étaient nos collègues. Et plouf plouf, ils ont repris leur identité le temps de les "nettoyer".". Après cette phrase, j'ai pu avec une certaine satisfaction voir des sourires sur la bouche de quelques collègues. La discussion s'est terminée par "d'autres questions sur d'autres sujets ?".

Le nettoyage silencieux à merdé aujourd'hui, je suis assez fier de moi.

Big brother, c'est moi

Aujourd'hui, nous avions une réunion d'administrateurs système. On a ça toutes les semaines pour que le chef du département informatique surveille notre travail. Officiellement c'est pour discuter collectivement des problèmes et des projets, mais en pratique, c'est que mon chef aaaaaaaaaaaaime le contrôle. Aujourd'hui, il sortie la massue.

Nous avons mis en place un serveur de discussion instantané interne, pour que les informaticens échangent plus rapidement sur des petits trucs. On s'est ensuite dit que ça pourrait être utile pour d'autres et mon collègue l'a installé chez ses utilisat-rice/eurs du marketing (comme ça ils/elles l'appellent pas à chaque fois qu'ils/elles ont un problème). Mais arrive la question du "le patron va pas être content". Effectivement, un des patrons a peur que ce chat interne réduise la productivité de ses esclavessalarié-es. Mon chef a alors eu une idée de génie. Il suffit d'enregistrer L'ENSEMBLE des discussions inter-salarié-es sur le serveur, et comme ça, et bien si il y a des utilisations abusives on le saura. J'ai donc la mission de trouver si notre logiciel serveur de messagerie instantanné peut être configuré dans ce mode. Forcément, comme c'est un logiciel libre, et bien c'est assez facile d'écrire des ajouts qui intègrent cette fonctionnalité. J'ai donc recherché, et j'ai trouvé quelque chose qui peut faire ça. Après avoir discuté avec mon collègue, il trouve aussi que c'est une idée de merde. Je vais donc informer mon chef que oui, ça existe mais que je ne le metterai pas en place. On verra comment ça se passe. Je sens que je vais entrer dans une période très conflictuelle au travail...

Après cela, nous avons discuté de la filiale. J'ai donc appris en évoquant les projets que j'avais discuté avec mon homologue de cette dernière, que des postes allaient encore sauté, et qu'ils fallait pas trop se projeter dans l'avenir. J'ai appris par la même que je devrais récuper tous les accès à leur serveurs prochainement... En traduction : mon homologue va sauter. Pas de bol, avec lui on communique de manière chiffrée. Je l'ai donc gentillement prévenu de se méfier, et que les patrons allaient prochainement lui demander de me filler tous les accès. J'espère qu'avec cette petite prévention, ils auront le temps de prendre contact avec un syndicat et faire chier un peu mes patrons.

samedi 25 avril 2009

Tout va bien (oups, mauvaise liste de diffusion)

Dans mon entreprise, nous avons une liste de diffusion de l'ensemble des salarié-es. C'est très pratique pour annoncer que les toilettes sont bouchées où que Jochen fête son anniversaire et a amené du gâteau dans la cuisine.

Mais dans cette liste, il y a aussi les quelques salarié-es des filliales étrangères. Ça représente 4 ou 5 personnes.

Comme ces personnes ne parlent pas l'allemand, On m'a demandé de créer des listes allemandes comprenant tout le monde, sauf e-lles/ux. Mais au final, ces listes ne servent pas uniquement à épargner les étranger-es des problèmes de toilettes bouchées, mais aussi à les évincer des communications des mauvaises nouvelles.

Par contre, comme je l'ai déjà suggéré dans un autre billet, mes patrons sont des boulets du clavier. Donc parfois, ils se trompent et envoient les mauvaises nouvelles à tout le monde. Dernière en date, l'annonce de deux semaines de retard sur le virement des salaires a été malencontreusement aussi envoyé aux étranger-es. Ça la fout mal pour réussir à faire illusion auprès des salarié-es qui sont loin, que notre entreprise va bien.

Comme une fleur, la direction vient après ce genre de gaffes dans mon bureau pour me demander de réparer leur bétise et de censurer les boites mails des salarié-es. C'est déjà arrivé 3 fois, et je me débrouille pour que la censure soit inefficace, mais je trouve la méthode assez significative de la transparence qui existe dans la communication entre la direction et les salarié-es...

jeudi 23 avril 2009

De l'art de l'illusion

La boîte va mal, mais il ne faut pas que ça se voit. Sinon, les clients n'achèteraient plus, et la boîte irait encore plus mal.

Et finalement, c'est tout un travail de camoufler la misère. En cette période de crise, on pourrait presque embaucher quelqu'un-e juste pour faire croire que tout va bien, tant cette activité est omni-présente dans l'emploi du temps de la direction. Bref, venons en à un exemple.

Mon ancien bureau était jusqu'à peu directement dans une pièce derrière le bureau de la secrétaire. Il avait une particularité, celui d'être une pièce ayant un mur vitré donnant sur la porte d'entrée. Une sorte de loge de concièrge en plus chic en somme. Pour des raisons obscures, on m'a demandé de déménager mon bureau dans un recoin plus invisible des visiteu-se/rs il y a peu de temps. La motivation officielle c'était que j'y aurais plus de place, et surtout que j'y aurais un espace réservé à bricoler des ordinateurs. Proposition alléchante. La vraie raison je crois, c'était surtout que la première impression qu'avaient les visiteu-se/rs de l'entreprise, c'était la vue du chaos du bureau d'un informaticien, avec trois ordinateurs ouverts sur la table en permanence, et une montagne de post-its et de feuilles brouillon avec d'obscures schémas de réseau. On a beau répéter que le génie sort du chaos, ça pouvait faire mauvaise impression quelque part.

On m'a donc prétendu que mon bureau allait être occupé par quelqu'un gérant les brevets pour l'entreprise. Une personne fantôme, puisque ce poste n'existait pas encore, et que la tendance est plus au dégraissage qu'à l'embauche. Mais bref, ça aurait été quelqu'un-e d'ordonné. En attendant, un patron m'a demandé de l'aider à réarranger le bureau après mon départ.

  • Première étape, déplacer une étagère qui était dans le couloir pour la mettre sur le mur opposé à la baie vitrée. L'intérêt ? Donner l'impression que quelqu'un-e travaille dans ce bureau.
  • Deuxième étape ajouter des plantes vertes (beaucoup)
  • Troisième étape, installer un moniteur TFT 21' et un clavier. L'observat-rice/eur attentif remarquera qu'il manque l'ordinateur, mais avec un peu de chance, la corbeille à papier fait illusion.

Voilà, nous avons donc un magnifique bureau à l'entrée de nos locaux où un juriste en propriété intellectuelle travaille à gérer nos brevets. C'est comme ça que le bureau est présenté à nos clients en visite il me semble. L'entreprise, c'est un peu Alice au pays des merveilles parfois...

mardi 21 avril 2009

Dégraissage

Aujourd'hui, j'ai à nouveau découvert la joie d'être informaticien dans une boite où les patrons sont des gros boulets du clavier.

Zut, le patron n'arrive pas à imprimer un document qui vient de la filliale qui se trouve à l'autre bout de l'Allemagne. Pas de bol. Il vient donc frapper à notre porte pour l'assister dans sa difficile tâche d'impression. Ciel, ça ne marche pas de son ordinateur. Le voilà contraint à nous envoyer le document pour que l'on essaye de l'imprimer nous même.

Après lecture du document (parcequ'il faut bien savoir un peu à quoi l'on collabore), je remarque qu'il s'agit d'une lettre de licenciement pour un salarié de la filliale en question. Encore plus con, le patron m'a envoyé les 3 documents, car 3 salarié-es vont sauter.

Ciel, c'est vrai qu'il y a un an, lorsqu'ils ont racheté cette boite en nous présentant les nouveaux membres de la famille, tout était fait pour que l'on apprenne à connaître nos "tandems" respectifs, pour que l'on ait un esprit d'équipe au delà des kilomètres, pour pouvoir produire dans la joie du village global.

Mais bizarre, depuis la crise, le divorce a eu lieu. Plus de visites chez les un-es et chez les autres, plus de nouvelles, plus de petits mots sur le frigo... Loin des yeux, loin du coeur. On les aurait presque oubliés, reclus sur nos petits problèmes locaux.

Comme je n'aime pas trop les conflits de famille, j'ai profité du fait d'obtenir des nouvelles par une voie inofficielle pour en prendre discrètement e plus larges.

Pour ça il y a un outil magnifique : le wiki. Un wiki, c'est un portail internet (chez nous il est interne), qui permet de mettre des textes en ligne, de les modifier, etc... L'avantage de ce genre d'outil est de garder un historique de toutes les modifications de chaque page. Pour faire de l'archeologie numérique, c'est formidable.

Chez nous, il y a une page avec la liste des numéros de téléphone de tout le monde. Très pratique. Quand quelqu'un-e disparait, il est effacé du tableau (un peu comme jadis sous Staline). Par contre, les peintres de staline n'avaient pas des wiki-toiles. Ici, on peut regarder par exemple la différence entre la liste actuelle et la liste du début du mois. Bon sang, déjà 11 disparu-es dans la filiale en moins de 20 jours !

Si on remonte au début de l'arrivée de la crise chez nous, et bien en voilà 2 disparu-es de plus. Allez, juste pour rigoler de la misère du voisin, on remonte à l'achat de la filiale par la maison mère. 15 disparu-es. Voilà l'effectif est donc passé de 21 personnes et quelques brevets, à 6 personnes (une dans chaque domaine technique), et les mêmes brevets, qui maintenant nous appartiennent.

Je me souviens encore comme hier du beau discours de la réunion de crise où nos patrons nous présentaient les mesures scélérates en disant "nous devons affrontez la crise ensemble, car nous ne voulons supprimer aucun poste".

Bienvenue sur le blog de Marcel.

Bonjour à tou-tes

J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour raconter la merveilleuse aventure du salariat. J'y ai plongé de toute mon âme il y a maintenant plus d'un an, et c'est chaque jour une source d'émerveillement. En cette période de crise économique, je trouve qu'il manquait une source d'information associant l'Entreprise à la joie et au rire. Je vais donc essayer de combler ce manque, en racontant, jour après jour (mais peut être pas chaque jour, il faut quand même travailler pour relancer le pays) mes formidables aventures dans le monde de l'Entreprise. Une forme de chronique salariale en quelque sorte, parceque oui, je suis tombé du mauvais côté de l'entreprise, celui des salarié-es qui en chient.

Pour ajouter une couche d'exotisme à cette aventure, je suis expatrié en Allemagne, où le monde de l'entreprise est parfois différent. La culture salariale, la culture patronale, la culture syndicale, sont chaque jour de nouvelles sources d'émerveillement, mais aussi de nouveaux cas d'étude de grand intérêt.

Voilà. Ce mot d'introduction étant fait, je vous souhaite à nouveau la bienvenue sur mon blog, celui de mes chroniques salariales (extra)ordinaires.

Du Sud-Est des Montagnes germaniques, Sous-commandant salarié Marcel.

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