Le blog de Marcel

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Marcel fait le chieur

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lundi, avril 26 2010

Manager syndical

Depuis la démission d'un de mes collègue, je me suis découvert un nouveau métier. Je ne sais pas si ça existe déjà, alors j'ai trouvé un nom pour ça : "manager syndical". Certes, on est pas lié à un syndicat, mais je trouve ça rigolo de reprendre le concept très néo-libéral du "manager personnel" qui permet à chacun-e de savoir se vendre au mieux, dans le secteur de la lutte des classes.

Le travail consiste donc à faire du conseil personalisé pour affronter au mieux la hierarchie et la direction dans sa vie de tous les jours. Bon, j'ai pour l'instant un seul client et il a démissionné, mais voilà que je viens d'être replongé dans mon rôle de manager...

Pour des raisons obscures, mon collègue démissionnaire n'a toujours pas été remplacé. Il semblerait qu'aucun-e personne compétente ne se soit présenter pour le poste. La personne embauchée pour le remplacer n'a pas survécu à la première semaine. J'ai pas eu le temps de le connaitre, et on aura eu aucune explication trop détaillée. Tant pis. Ça fout la merde dans le service, et c'est rigolo à regarder. Si on prend pas soin de ses salarié-es et bien on fini par le payer.

Bref, le poste est vacant, et le collègue démissionnaire a téléphoné à notre chef la semaine dernière pour avoir sa lettre de recommendation. De fil en aguille, et en l'absence des conseils de son manager syndical personnel, mon feu-collègue à expliqué à mon chef que son nouveau travail n'était pas si formidable que ça, et ils sont arrivés à l'idée d'un retour chez papa. Pas con, mon chef à entamé la négociation en lui présentant cette perspective comme si il s'agissait d'une faveur qui lui serait faite. "Si tu es gentil et que tu nous donne la réponse dans 2 jours, et bien on pourrait songer à te reprendre. Mais aux conditions que tu avais avant." Sachant que le feu-collègue est parti officiellement parcequ'il était payé au lance-pierre, et que son nouveau boulot est payé 30% de plus pour moins d'heures de travail, ça fricotte déjà limite avec l'insolence. Mais bon, comme dit, "ils ne sont grands que parceque nous sommes à genoux.", et parfois mon feu-collègue est plutôt à genoux...

J'ai donc eu le privilège de réaliser un support téléphonique d'un type particulier, de 2h ce week-end. La Hotline-Marcel en quelque sorte. Mon feu-collègue me présentait donc sa stratégie : répondre à toutes les attentes du patronat et de la hierarchie, pour pouvoir avoir la chance d'être repris. Un autre salarié auquel il avait parlé et connaissant un peu le caractère de cochon d'un des patrons, et son habitude à tout prendre personnellement, lui conseilla même de l'appeler directement pour lui dire qu'il avait fait une erreur en démissionant afin de l'amadouer... Au final, j'ai essayé de lui montrer qu'il était en posistion de force et qu'il pouvait négocier, et imposer ses règles et son tarif. Comme je connaissais un peu sa tendance à se coucher devant la pression, et à groner après, je lui ai proposé d'envoyer un mail avec ses conditions, plutôt que de téléphoner... Après 2 heures de discussion, on est passé de la position rampante à la position à genoux. Belle progression ! Je lui avait conseillé de ne pas appeler avant 18h, histoire de voir si ils allaient l'appeler, et de montrer que finalement son nouveau travail n'est pas si mal, et que c'est lui qui veut bien consentir à faire une faveur à la boite en revenant.

Bon, aujourd'hui me voilà bien désavoué en manager. Certes, je le savais, mais quand même !. Mon feu collègue à appelé mon chef au petit matin. Résultat, mon chef nous a présenté pendant le meeting hebdomadaire la situation à sa manière. "X est parti essentiellement pour avoir un plus gros salaire, et il idéalisait les autres boites. Maintenant il veut revenir pour travailler dans les mêmes conditions qu'avant. Il a beaucoup de chance que son remplaçant n'ait pas tenu longtemps, donc on peut lui offrir la chance de revenir parmis nous ! Notre boite est quand même formidable !". Voilà. Effet garanti. La preuve vivante de la supériorité des conditions de travail chez nous doit tous nous éblouïr. Si jamais cette idée sogronue trotait dans la tête de certain-es, la voilà éradiquée !

Après avoir informé mon disciple des quelques nouveautés je me risque tout de même à quelques nouveaux conseils avant qu'il n'appelle le patron. Nouvel échec. L'argument est répété, le patron énervé. On lui fait une fleur si on le laisse revenir, et faudrait qu'il commence à comprendre. On ne négocie pas la charité !

Les LIPs avaient bien raison : "le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui !". Dommage que tant de monde l'ai oublié.

mardi, mars 16 2010

Pour la beauté du geste

La réunion trimestrielle que les patrons organisent pour nous "informer" de l'état de santé de la boite vient de se passer.

Ce coup-ci, j'étais d'humeur conflictuelle étant donné ce qui vient de se passer dans la filiale, ou plutôt dans la feu-filiale. J'ai rien n'a gagner, mais finalement ça reste le dernier endroit où j'ai le temps de faire un peu de propagande et de "travail politique", étant donné que je n'ai pas le temps de militer à l'extérieur vu que je vends mon temps et mon énergie à la boite.

Bref, comme d'habitude on a eu droit à du blabla, des courbes qui montent et qui déscendent, et quelques blagues vaseuses. Ne vous inquietez pas, la situation semble bonne, on a fait plus de ventes que l'an dernier, et pas mal d'économies. Super, je me réjouis. Comme d'habitude aussi, au milieu de leur joli PowerPoint, une demi page évasive sur le sujet à évincer : la filiale. Une petite ligne pour expliquer la réduction des effectifs au minimum : 2 personnes "pour l'instant". Il restera un bureau là bas, et l'entreprise continuera en son nom à exister avec un obscure financement de la région...

Le poisson se noit bientôt dans une quantité de nouvelles informations et autres courbes. Vient enfin le temps des questions, que j'attendais avec impatience. Alors quelques questions peu problématiques, et je me lance pour revenir sur lla question qui m'est chère : la filiale. En essayant d'être naïf, je demande "vous avez écrit que les effectifs ont été réduits à 2 personnes pour l'instant. Elles font quoi ces 2 personnes, et ça veut dire quoi ce 'pour l'instant' ?". J'en profite pour rappeler les faits : "Je suis un peu surpris, y'a 6 mois vous nous dites que vous virer 15 personnes parcequ'ils/elles sont mauvais-es, et qu'il resterait un petit noyau dur de 4 personnes super motivé, et 10 jours après avoir dégagé le dernier, et bien le reste saute aussi". Réponse obscurentiste comme d'habitude : "La région a arrêté de financer le projet soudainement, donc on ne pouvait plus survivre". Étrange, en même temps, la perspective de financer une boite qui a virer 80% de ses salarié-es, c'est pas forcément bandant pour la région. Mais bon, ça n'a sans doute rien à voir...

Bref, pas de réponse sur combien de temps il restera à ces 2 personnes. Un collègue demande quand même : "et si elles partent, elles seront remplacés ?". Un oui est marmoné, pas très convainquant.

Je reviens avec ma naïveté et je demande : "Quand vous avez acheté la boite, c'était pour développer ce nouveau produit en particulier. Maintenant, il nous reste le nouveau produit et les brevets de l'ancienne boite et plus aucun salarié. Ça aurait pas été moins cher d'acheter juste les brevets ?". Bon camoufler ça comme question naïve ne trompe pas grande monde, mais ça à l'avantage d'être suffisement insolent pour provoquer le débat... L'explication qui a suivit est assez jolie. Enfin, elle a le mérite d'avoir fait dire des choses. "On est pas dans un Krimi-économique comme on voit à la télé!". "On est pas une méchante boite qui a acheté une autre, volé sa technologie et viré tout les salariés !". Non non, mais dans la pratique, ça ressmemble quand même à ça. Il nous reste les clients, la technologie, les brevets, et pas de salarié. Alors pour se défendre, on me sort quand même "Ils étaient tellement mauvais qu'on a rien gardé de leur technologie !". Intéressant ! Les patrons ont fait le choix d'investir dans une boite de mauvaise qualité, sans même avoir pour objectif de voler sa technologie, c'est quand même un choix de merde d'un point de vue pûrement économique. Mais bon, ils me le répètent : non, non, non, ça n'a pas été une OPA hostile ! Juste le hasard, et ça nous a couté des sous !. Et les patrons sont des bons princes, les personnes qui ont perdu leur boulot sont tous des ingénieurs diplomés, ils n'auront pas de soucis pour retrouver ! Et c'est pour nous, les salariés de la maison mère qu'ils ont fait ce choix, pour que nous ayons du travail ! Merci Papa !

On suivit quelques questions d'un salarié qui aimerait bien récupérer quand même son salaire qui manque depuis 1 an. "On essayera de vous payer fin 2010 si tout va bien". Si ils touchent leur thune en 2012, le champagne aura eu le temps de refroidir !

Devenir sous-chef

Dans un précédent post, je parlais d'un problème de hierarchie, et du côté absoluement désagréable de voir un petit lêche-cul premier de la classe vouloir jouer au chef avec moi.

Apparement, cela ne déplait pas à tout le monde. En tout cas, mon chef lui aime ça. Un petit arriviste bien docile qui se tue à la tâche et prends des initiatives pour commander les autres, c'est beau, ça lui ressemble, donc il est de bon ton de le chouchouter. Bref, il y a 2 semaines mon chef a profité de notre réunion hebdomadaire, pour nous faire part du fait qu'il avait nommé le petit nouveau "chef technique" d'une partie du département informatique. Le processus pour choisir de donner cette responsabilité au dernier arrivé est assez typique du focntionnement de la boite : L'arbitraire du chef à parlé. Que cela serve d'exemple, plus on se sacrifie pour l'entreprise, moins on réclame de récupérer ses heures supplémentaires, plus les chances d'évolution sont grandes. Histoire de tout de même rendre justifiable cette promotion soudaine, notre chef procèdera prochainement à des entretients salariaux avec les autres informaticien-nes "prochainement". Je ne sais pas bien comment les informaticien-nes se retrouvant sous la "direction technique" alors qu'il ont 3 à 10 ans d'ancienneté de plus le prennent, mais moi, je n'aurais pas forcément été très content si il était devenu mon chef de cette manière...

Mais qu'on se rassure, le chef supérieur a précisé que ce poste ne donne pas de responsabilité envers les autres informaticien-nes. Voyons ce que cela donne en pratique.

Un peu plus d'une semaine s'est écoulée depuis cette nomination, et les traces de dents rayent déjà le parquet des salles de réunion. Le titre fraîchement obtenu à donné une sensation de pouvoir au sous-chef, qui dépasse largement ses affectations officielles. Pour pouvoir prendre la mesure des chevilles, rien ne vaut une bonne réunion hebdo. Hasard absoluement formidable pour l'étude socio-psychologique de notre cas, le chef de service était malade le jour de la réunion suivant la nomination. Cela arrive de temps en temps. Selon l'urgence et la période de maladie du chef, les réunions étaient jusqu'alors déplacées ou une personne était chargée de l'animer en l'abscence du chef. Le résultat que j'avais observé jusqu'alors était une ambiance nettement plus détendue, une réunion durant moitiée moins de temps, où l'atmosphère de contrôle imposé par le chef avait disparu. Bref, une réunion agréable. Mais voilà, l'horizontalité informelle et la relation à peu prêt égalitaire qui existait entre collègues, malgré les différences d'âge et d'ancienneté à disparu cette semaine. Face à l'atmosphère détendue des participant-es, j'ai pu remarquer rapidement un rabas-joie la ramener. Je crois que le but était de confirmer son nouveau statut aux collègues. Et pour cela, rien de tel que la reproduction comportementale. Même posture, même genre de réthorique, questions incistantes aux collègues expliquant leur travail avec comme seul but de les déstabiliser, même si le sujet en question ne l'intéresse pas, blague du genre "tu n'as pas grand chose à faire ? on va réussir à te donner du travail !" et j'en passe.

Le summum de la reproduction est arrivé quand je présentais mon travail de la semaine passée, en expliquant un peu la situation d'une problématique intéressant potentiellement tout le monde. "On en parlera après la réunion si tu veux bien". Me voilà donc "convoqué" autoritairement par le sous-chef, exactement de la même manière que le fait mon chef lorsque je l'ai trop fait chier et qu'il veut régler un conflit. Si il avait été là question d'un thème relativement urgent, j'aurais pu éventuellement comprendre la nécéssité d'en parler après la réunion. Mais rien de tout ça. Un projet là depuis 6 mois, qui sera là pour 6 mois encore et dont la priorité est vraiment ridicule. Le but de "convoquer" cette discussion après la réunion était juste une manière de montrer son pouvoir. À la fin de la réunion, je me lève pour me barrer et il me dit "reste voir qu'on discute de ce projet". J'ai beau lui dire qu'il n'y a rien de neuf, et que cette réunion n'avancera en rien le problème, il insiste. Comme un autre collègue reste aussi, je me lance, juste pour jouer...

Au final, une réunion inutile, où l'on a parlé de rien, pris aucune décision, et où mon activité à consisté à sortir des vannes à chaque phrase du sous-chef et à parler au chien pendant qu'il me parlait. Au moins maintenant, je n'ai plus à avoir le complexe de la bienscéance nécessaire entre collègues, parcequ'il est passé de l'autre côté !

vendredi, novembre 13 2009

Hierarchie ?

Je n'aime pas la hierarchie. Ça, mes patrons commencent à le comprendre, et mon chef aussi. Finalement, je pense que toute la hierarchie "officielle" de l'entreprise à compris que toute expression ouverte de son autorité avait des conséquences négatives sur ma productivité et ma collaboration avec les intérêts capitalistes de l'entreprise. Mais depuis peu, je me suis retrouvé confronté à une nouvelle forme d'autoritarisme inattendu. Celle du petit lêche-cul qui veut devenir sous-chef.

C'est une forme d'autorité qui est complexe à gérer au premier abord, lorsque l'on veut être solidaire de l'ensemble des salarié-es, dans un esprit marxiste old-school. Mais c'est finalement quelque chose d'assez facile à comprendre dans la logique capitaliste néo-libérale. Chacun-e, dans son esprit d'entreprise individuelle doit niquer les autres et montrer sa superiorité et ses avantages comparatifs. Certes, dans mon cas on a tous les deux un boulot, et pas de concurrence "à priori", mais à l'image des grandes entreprises qui ont réussi, le but c'est de niquer la concurrence, même si elle n'est pas une menace, parcequ'à terme, elle pourraît en devenir une.

Voilà donc comment un collègue inoffensif à priori sort depuis quelques semaines son jeu pervers à chaque occasion. Il s'agit de corriger spontanément mon travail devant notre chef, puis de me donner des tâches qu'il serait bien que je fasse. Un petit peu les basses tâches dont il ne veut pas se charger. Plus pervers encore, il me demande de réaliser des tâches qui sont de sa compétence, pour le seul plaisir de les faire avant que je n'ai eu le temps de m'y atteler, parceque j'ai un autre métier malgré tout.

Entrer dans une guerre froide avec ce collègue, comme je le fais avec ma hierarchie officielle, ça n'est pas forcément la bonne stratégie, car ça me ferait passer de "chieur anti-chef" à "chieur tout court". Ma stratégie sera donc simplement d'entrer dans son jeu jusqu'à ce qu'il se lasse : lui laisser faire tout mon travail. Au bout d'un moment, il finira par arrêter de vouloir me donner des trucs à faire si il se rend compte que ça lui retombe sur la gueule.

Au final, je me demande si il s'agit du syndrome simple du "lêche cul premier d'la classe", ou d'une manipulation perverse de mon chef, qui remarquant mon refus de son autorité, la fait passer par la voix d'un collègue.

Mais pas de bol, peu importe la bouche d'où ça sort, l'autorité n'est pas bienvenue chez Marcel...

vendredi, octobre 30 2009

Réunion trimestrielle ? Rien à branler !

Nous avons eu aujourd'hui la désormais traditionelle "réunion trimestrielle" de l'entreprise. Enfin, nous c'est beaucoup dire, car je l'ai sêché.

C'est pas brillant, et c'est pas comme ça qu'on va construire un rapport de force, mais arriver avec désinvolture avec 45 minutes de retard à LA réunion où tous les chefs sont là, ça a un côté insolent qui me plaît bien. Je sais qu'ils n'y racontent que de la merde en arrondissant les angles, et donc je n'y porte même plus d'importance. J'avoue que c'est stratégiquement mal joué, parceque d'une certaine manière, ça me distancie des collègues qui subissent sans ouvrir leur gueule, mais d'un autre côté, ça me permet de reposer le rapport d'autorité que j'entretiens avec les patrons, et en ce moment c'est plutôt ce côté là qui m'intéresse.

Même si je n'ai pu apercevoir que les 2 dernières diapositives de leur diaporama PowerPoint(tm), j'ai eu le plaisir d'entendre quelques reflexions/explications croustillantes de mes patrons. En voilà une petite selection :

"On a une faveur à vous demander : réjouissez vous quand il y a des commandes !"

Parceque c'est vrai, que comme la moitié de la production est en temps partiel imposé, produire plus dans des délais intenables avec une demi-équipe, c'est pas forcément réjouissant pour les salarié-es, parceque ça veut dire travailler plus, pour rentrer plus tard, et tout ça pour sauver l'entreprise. Mais par cette petit phrase que chacun-e peut comprendre par son sens commun, le patron rétabli l'ordre : le marché est notre seigneur, remercions le de nous donner notre pain quotidien et de la joie qu'il nous procure.

Une autre citation approximative d'un autre patron était

"Les polonais on plein d'argent de l'UE pour des investissements de recherche, et il y aurait de la thune à faire là bas, mais on ne peut pour l'instant pas leur faire d'offre parcequ'ils ont une charte d'acceptation très stricte pour les achats publics. C'est quand même n'importe quoi qu'on ne puisse pas récuperer l'argent de l'UE qui leur est donné pour ces investissements, alors que l'Allemagne injecte beaucoup plus de pognon dans l'UE que la Pologne".

Et hop, ça faisait longtemps que le nationalisme et l'amour du Père-Pays n'avaient pas foutu leur nez dans l'économie. C'est aussi assez intéressant de voir la vision de l'UE qu'a ce patron. Il ne s'agit pas d'un projet politique ou humain, de rapprocher les peuples et tout le blabla qu'on entends à longueur de journée par les journaleu-ses/x, mais il s'agit bien d'un marché. Et quand on envoie de l'argent quelque part, c'est avant tout pour en récupérer d'avantage. Après la Françafrique, la Germanopologne. Ça à l'avantage de ne pas être de la langue de bois au moins.

Je passe les petites blagues d'un goût douteux pour détendre l'atmosphère, et voilà qu'arrive la question de la grippe A sur le tapis. Ça pourrait laisser penser que les patrons sont des blagueurs, mais en fait non. Le message sous-jacent est clair : on n'a pas le temps d'être malade, car il faut produire ! On s'est même vu conseillé de se faire vacciner, pour éviter de diminuer la productivité pour les derniers mois de l'année...

Au final, je sais toujours pas ce qu'ils ont racontés à cette réunion, mais ça doit ressembler à ça : "nous avons vendu des tonnes de produits qui n'exitent pas, donc soyez heureu-ses/x de travailler plus, dans plus de stress, sans tomber malade, car nous devons maintenant les produire pour sortir l'entreprise de la crise (et niquer la concurrence qui elle s'embarrasse de syndicalistes grincheu-ses/x !).

dimanche, août 2 2009

Première visite de la filiale

L'autre jour, moi et mon collègue sommes allés faire un petit tour dans la filliale pour préparer l'extension de notre empire. Le point positif, c'est que 4h de voiture comptent comme du travail, que ça fait prendre l'air, qu'on a pas les chefs sur le dos, et qu'on peut faire un peu de tourisme en même temps.

Le point négatif, c'est que toutes les visites précédentes venant de la maison mère étaient des visites hostiles, et que le contact est difficile même si on est du même côté du salariat... Certes notre visite n'était pas pûrement de courtoisie, mais au moins, on était pas là pour voler la cafetière et les plantes vertes. Bref, on a beau être gentils, c'est difficile d'être accueuilli à bras ouverts.

À l'aller, mon collègue me dis "Le patron m'a appelé hier soir pour me briefer, il a dit qu'on devait s'en tenir à la technique, et éviter de parler de la politique de la boite, car c'est encore un peu sensible là bas..." Étrange ! Moi, il ne m'a pas appelé le patron ! J'y aurais pas pensé par moi même, mais histoire de dissiper tout malentendu, il va falloir parler politique avec les collègues de la bas !

Mon homologue dont je vais voler le travail à finalement démissionné de lui même. Il a pu trouver un boulot intéressant ailleurs, et semblait assez content de fuire le mouroir qu'est devenu la filiale. Même si rien n'a été dis clairement, j'ai cru voir une certaine forme de reconnaissance vis à vis du fait que je l'avais prévenu secrètement de la suppression probable de son poste il y a quelques mois.

L'autre informaticien survivant, dont le contrat a été rompu pour la fin de l'année semblait quant à lui pas désespéré, et plutôt joueur vis à vis de la situation de merde. Les autres ont pas étés très locaces. La méfiance règne, et elles/ils ne sont dûpes que la purge n'est pas terminée.

Bref, arrive le moment du repas. L'avantage d'une petite boite qui est en train de se faire laminer, c'est que les salarié-es ne se surexploitent plus trop, et qu'aller tout-es ensemble manger à midi, et bien ça fait parti des petits plaisirs qu'il reste quand on sait pas si on touchera son salaire à la date prévue. Par contre, avoir des taupes au repas de midi ça sême le trouble. Hors mis les 2 informaticiens, peut être plus au courant de ma relation avec les patrons, les autres salarié-es étaient plutôt distant-es. Finalement, en amenant l'air de rien une discussion sur les "grèves à la française", un peu plus stressantes pour les patrons, l'un des informaticiens a sorti, c'est vrai que le patron chez nous il est un peu stressé par un français !

Y'avait un petit sourire satisfait quand il a dit ça, c'est toujours ça de pris.

samedi, août 1 2009

Faiblesse passagère...

L'autre jour, on a eu une la fameuse réunion trimestrielle du personnel.

J'y suis allé un peu les mains dans les poches, ça doit être l'effet de l'été et l'ambiance de vacance qui me colonise la tête... J'aurais bien voulu préparer cette réunion un peu mieux, parceque par les temps qui courrent où les grévistes français-es menancent de faire sauter leurs usines quand on leur propose de la merde, ou quand des salarié-es chinois, tuent celui qui voulait virer 30 000 employés d'un seul coup, et bien rappeler que les salarié-es d'ici pourraient s'en inspiré aurait été du plus bel effet.

Mais quelque part, ouvrir ma gueule à chaque fois pour le sport, ça fini par me marginaliser un peu... tout le monde s'y attends, et finallement, ça ne les surprend plus.

Avant d'entrer dans le calendrier comme l'arrivée du lapin de pâques, et bien j'ai fait cette fois-ci la grève du coup de gueule. Y'a pas de raison que ça soit toujours mois qui m'y colle. J'ai passé la réunion du fond de la salle, en prenant un malin plaisir à observer les sous-chefs qui se demandent sur quel angle je vais attaquer, et les patrons transpirer en me regardant les fixer...

Et bien c'est pas brillant. Pas un guiluguili sous le pied des patrons. Rien. J'avais bien l'impression que certain-es collègues n'étaient pas bien convaincu-es, mais les courbes sur un magnifique power point ont donné raison à ceux qui les ont mises en forme.

Les patrons nous ont donc expliqué avec joie que nous étions en bonne santée -courbes à l'appuis-, car au dessus du pire cas (qu'ils ont défini eux même aussi), et que les concurrents virent à tour de bras. Réjouissons nos, nos concurrents mettent au chômage !!! En regardant la petite étincelle dans les yeux des sous-chefs du département vente, ça donnait quand même bien la gerbe. "Formidable, le concurent à fermer une de ses branches de développement et virer tout le monde ! On va pouvoir lui voler des marchés !". Il ne faut jamais oublier, le concurrent est toujours responsable de la mauvaise santé chez nous. Ça vole haut.

Passons. Un powerpoint remplis de chiffres, sauf un type de donnée pourtant essentielle : ceux en rapport avec nous, les salarié-es. C'est vrai que faire une courbe qui montre la diminution du nombre d'heures travaillés par 2, ou qui montre une réduction lente mais durable du nombre de postes, ça fait moins bander.

Pour la prochaine, je préparerai le double de questions vicieuses pour me rattraper. J'ai hâte !

mardi, mai 19 2009

Vive la transparence !

Aujourd'hui, nos patrons nous avaient convoqué pour une réunion trimestrielle d'information sur l'état de l'entreprise. Ils ont commencé à organiser ça tous les 3 mois depuis décembre dernier (je raconterai ça un jour sur ce blog...)

Bref, ces réunions ont pour but de nous faire partager de manière régulière l'état de santé de l'entreprise (un peu comme Mitterand à son époque), et les mesures restrictives qui vont avec. C'est présenté comme étant un moyen de garder une bonne transparence, alors autant en profiter pour jouer avec la direction là dessus...

Donc aujourd'hui, nous avons appris que ça allait bien, mais que un petit problème de trésorerie nous donnerait 2 semaines de retard sur notre salaire de juin. Bon, on commence à être habitué-e, donc on s'en fout presque, on mangera des pâtes. À côté de ça, une des mesures qu'ils avaient demander en décembre, à savoir que chacun-e prenne des jours de congés sans solde n'a pas été vraiment mis en application pour l'instant parcequ'ils ont merdé dans la gestion. Donc à partir de juillet, tous les salaires seront automatiquement diminué de 2 jours de congés sans solde. Pour c-elles/ux qui ne voudraient les prendre que plus tard, ça va aussi. En gros, on nous facture à l'avance un crédit de 10 jours de congés.

Après cela, quelques explications sur les nouveaux produits, a eu lieu. Nous sommes formidables.

Comme les 3/4 des meubles ont été pris dans la filiale pour ramener dans la maison mère, et bien il a bien fallu dire quelques mots sur cette filiale. J'ai donc appris avec émotion, que 50% des locaux avaient été laissés, et qu'un chef de projet avait été licencié. Mais maintenant, le "noyau" qui était resté était super motivé et allait travailler sur un nouveau produit révoutionnaire. La présentation continue sur de l'autopub. Vient enfin le temps des questions.

Personne ne dit rien... Finallement, un fraiseur, qui a déjà été mis au "Kurzarbeit" (réduction imposée du temps de travail), dis "oui, mais quand même ça va être un peu chaud du cul d'avoir 2 semaines de retard sur nos payes". Les patrons ont répondu que oui, mais c'était comme ça. Suivent quelques questions technique sur la facturation des vacances.

Assis sur mon fauteil de ministre, (on a pas assez de chaises dans la salle de réunion, alors chacun-e ramène la chaise de son bureau), j'ai demandé l'air naïf quelques précisions sur "le noyau dur de la filiale". Plus exactement sur le nombre qu'ils sont. J'attends quelques secondes qu'ils préparent leur réponse, et je rajoute "oui, parcequ'ils sont plus que 6 sur la liste téléphonique alors qu'ils étaient une vingtaine autrefois, et c'est bizarre, j'ai découvert ça par hasard mais personne ne nous a prévenu !". Ce petit moment a été une assez forte jouissance. Retourner la relation de pouvoir, c'est vraiment agréable. Je crois que la moitié des salarié-es ont appris de ma bouche cet état de fait. On a eu alors droit à une superbe explication. Les salarié-es de la filiale sont nul-les, c'est pour ça qu'on les a viré-es. Nous, dans la maison mère, on est tellement bon-nes ! Et puis "beaucoup" sont parti-es d'elles/eux même, par exemple pour suivre leur femme qui a déménagé ! (c'est sûr ! Il y devait y en avoir au moins 30 dans ce cas ! ...). Mais bon, en chatouillant un peu, on arrive à tirer quelques vraies explications. On allait pas garder des doublons par rapport aux compétences de la maison mère. Donc on vire tout ce qu'on sait faire chez nous, par exemple, tou-tes les développeu-ses/rs logiciel. Arrive alors la déclaration magique : "l'équipe qui reste va être intégré formidablement bien !". Ce sont vos collègues directs désormais, c'est comme si il travaillaient à côté ! Elles/Ils font partis de l'équipe ! Du pain bénit. J'étais un peu joueur aujourd'hui, alors je suis retourné à la charge. "C'est marrant, y'a 1 an, on nous a dit mot pour mot la même chose. Leur nom d'origine ne devait plus être utilisé tellement ils étaient nos collègues. Et plouf plouf, ils ont repris leur identité le temps de les "nettoyer".". Après cette phrase, j'ai pu avec une certaine satisfaction voir des sourires sur la bouche de quelques collègues. La discussion s'est terminée par "d'autres questions sur d'autres sujets ?".

Le nettoyage silencieux à merdé aujourd'hui, je suis assez fier de moi.