Le blog de Marcel

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vendredi, février 12 2010

Du noyau dur au trou noir

Du noyau dur au trou noir, il n'y a qu'un pas. La direction de ma boite vient de le franchir.

Mes lect-rices/eurs fidèl-les se souviennent de la courte histoire de notre filiale. Pour les infidèl-les, voilà un résumé.

  • Une petite entreprise conçoit un produit similaire aux notres avec une vingtaine de salarié-es. Elle possède des brevets sur une technologie prometteuse.
  • Il y a un peu plus de 2 ans, mon entreprise la rachette. Peu importe les kilometres, les salarié-es de cette filiale entrent dans la grande famille.
  • 1 an après, la crise débarque, et la direction oblige les salarié-es à bosser gratos pour sauver l'entreprise. Les employé-es de la filiale ne le voient pas du même oeuil. Les fourbes n'ont pas le sens du sacrifice ! La direction organise donc leur isolement pour l'abattage.
  • En 1 an, 16 salarié-es disparaissent pour arriver à "un noyau dûr" de 4 personnes développant un nouveau produit pour nous. La direction nous explique que les autres étaient mauvais-es, alors que ce noyau dur est motivé et compétent ! La filiale refait son entrée dans la famille, avec un effectif diminué de 80%.
  • Le dernier salarié de la première purge ayant quitté le navire fin janvier, le noyau dur est enfin au complet. 4 salarié-es.

Aujourd'hui, 12 jours après la fin du contrat du dernier de la purge, un sous-chef que je porte dans mon coeur (celui qui avait expérimenté autrefois le harcèlement moral sur moi), m'appelle et me dit "On fait quoi pour la filiale ?". Ne comprenant pas de quoi il cause, il décide de venir nous expliquer le problème dans notre bureau. "Vous savez j'imagine qu'on a décidé de fermer la filiale ?". Mon collègue et moi tombons sur le cul. Ça fait des semaines qu'on bosse à organiser des questions informatiques pour les survivant-es, et voilà qu'ils disparaissent aussi.

Comme les bureaux coutent trop cher pour 4 personnes, et bien les salarié-es surivant-es vont devoir travailler de chez eux à partir de la semaine prochaine. Enfin, travailler... Nos patrons au grand coeur leur laissent 1 mois pour qu'ils écrivent des lettres de motivation et qu'ils trouvent un autre boulot. C'est gentil. Le sous chef nous dit avec un espèce de sourire géné "bon, pour X c'est un peu un problème, sa femme vient de le quitter, et il n'a plus de maison, donc les problèmes de l'entreprise sont le dernier de ses soucis". C'est sûr, quand on est dans la merde dans sa vie, perdre son dernier pilier qui permet d'assurer sa survie, c'est le dernier de ses soucis....

Bientôt, ils comprendront que moi aussi, l'entreprise est le dernier de mes soucis.

jeudi, décembre 10 2009

Noël

Noël c'est la joie, les familles unies, le moment de l'harmonie et de la réconciliation des petits conflits.

C'est comme ça dans toutes les familles un poil sous influence catho. C'est un moment "sacré", et on a pas le droit de le gâcher.

Aujourd'hui, il y avait la fête de Noël de l'entreprise. C'est moins impressionnant que l'an dernier, mais il faut dire que les petites disputes de famille ne sont pas du même ordre... Comme les patrons n'ont pas grand chose à se faire pardonner cette année, et qu'il faut montrer qu'on continue à serrer la ceinture, et bien la petite fête a été limitée cette année à un peu de vin chaud et un buffet dans la grande salle de réunion. "Dans l'intimité" pour ainsi dire. Car c'est vrai, rien ne vaut l'intimité et la chaleur du foyer pour fêter Noel.

Bizarrement, cette fête de Noël n'enchante pas. Une collègue me voyant assis à mon bureau à finir des petits trucs en retard me demande "Tu n'as pas envie de fêter ?". Le problème n'est pas tellement que je n'aime pas noël, mais plutôt cette fête me rappelle celle de l'an dernier. Flash back.

Début décembre 2008, chacun-e se prépare à fêter noël, dans la joie et la bonne humeur, dans la douceur de son foyer. La neige recouvre l'Allemagne, les lumières en forme de petit jésus, d'étoile et de père noël commencent à illuminer la ville... Tout allait bien... Nous étions préparé-es à une grande fête de noël d'entreprise incroyable, préparée en secret par les patrons (et la secrétaire), et ce dans quelques jours seuelement.... Mais voilà, la veille de la date fatidigue, une réunion de tout le personnel est convoquée pour le lendemain après-midi. J'y allais les mains dans les poches en m'attendant à un truc chiant d'auto-satisfaction. En bon cancre, je m'installe au fond de la salle, près de la porte, et du radiateur, en regardant passivement les courbes qui montent et qui décendent. Soudainement, un mot chatouille mon oreille : "crise". Mais bon c'est la saison et on l'entends 100 fois par jour à la radio... Mais là, après avoir énuméré l'ensemble des économies entreprises depuis quelques mois pour améliorer la situation, nos patrons présentent les "mesures" pour 2008 et 2009. Là mon oreille se dresse. Les 2 mesures phare pour 2008 sont présentées : renoncer à toutes ses vacances en reste (elle ne seront ni payés, ni déplaçable à l'année suivante), et renoncer à son salaire du mois en cours. L'objectif de cette entourloupe : présenter un bilan positif à une banque, pour qu'elle ne retire pas son prêt et qu'elle soit heureuse. Et pour fausser un bilan, il faut faire les économies dans l'année comptable, qui finit le 31 décembre. Histoire de s'assurer d'une totale réussite de cette opération, la signature est nécessaire le lendemain matin, empêchant toute reflexion collective sur une solution alternative. À la question "si on refuse ?", la réponse est claire "on devra se séparer de vous". Chacun-e rentre chez elle/lui affolé-e par la nouvelle.

La nuit suivant la réunion, je décidais de ne pas signer ce papier de renoncement, et d'expliquer mes raisons par voie de mail à l'ensemble des salarié-es. Peine perdue, les 80 autres salarié-es rendaient leur copie dans les 2 jours suivant, acceptant ainsi de travailler gratuitement pendant 1 mois, pour faire plaisir à un banquier. Le lendemain j'étais devenu la bête noire. Les gens ne s'approchaient plus vraiment de moi, de peur d'être repéré comme un soutient à celui qui fout la merde dans notre fraternelle entreprise. Aucune réaction fût pire qu'un bon conflit ouvert. J'attendais le soir et la fameuse fête de noel pour enfin avoir quelques réactions de soutient.

Cette fête de Noël aurait fait un épisode de Strip-tease d'une qualité remarquable. L'ensemble des salarié-es passant une soirée open-bar dans un centre de "sport de plage d'intérieur". La masse salariale séparée en 4 équipes -un patron dans chacune-, pour une soirée jeux de plage à la club-med. Tire à la corde, et autres débilité qu'on imagine dans les bronzés. La différence, 80 personnes viennent d'offrir 1 mois de salaire à leurs patrons. Pas trop une raison de se réjouir... Ont suivi 2 bonnes semaines de harcèlement moral pour tenter de m'obliger à signer un renoncement de salaire "par solidarité avec les autres salarié-es".

Alors bon, non j'ai pas trop envie de fêter avec eux/elles ce soir.

lundi, novembre 30 2009

Flexibilité et répression

Dans les entreprises modernes, on aime la flexibilité. Depuis mon embauche, j'ai entendu ce mot assez souvent.

Il faut être flexible et venir travailler le week-end. Il faut être flexible et faire des heures supplémentaires quand il y a des livraisons urgentes. Il faut être flexible et savoir déplacer ses vacances au bon vouloir des patrons ou des chefs. Il faut être flexible et être joignable par téléphone lorsqu'on est en vacances. Il faut être flexible et accepter de ne pas être payé pour un mois de travail. Il faut être flexible et accepter les retards dans le salaire. Bref, la flexibilité (je dirais même le contorsionisme) et une valeur primordiale de l'entpreprise.

Ayant adhéré avec joie aux valeurs de l'entreprise en signant mon contrat de travail, j'ai depuis dévelopé mon amour de la flexibilité au sein de cette dernière. Comme il faut être créatif et avoir un sens de l'initiative dans le monde merveilleux du libéralisme, j'ai introduit une nouvelle flexibilité à la liste ci-dessus. Celle d'arriver à l'heure qui me plaît au travail, et cela de manière sinusoïdale entre 12:00 et 14:00. Mais voilà, étrangement, cette flexibilité ne plaît pas à mon chef. Alors ça fait un moment que ça le dérange, et que j'ai droit à des réunions en tête à tête pour parler du problème.

La première stratégie a été la menace du chômage "Il ne faudrait pas que ton accident de reveil se transforme en accident de chômage". Ne voyant pas forcément la perspective du chômage comme quelque chose de négatif, ça n'a pas vraiment fonctionné. À vrai dire, ça à eu l'effet inverse. Réaction basique à l'autorité...

La deuxième phase a consisté à "médicaliser" cette flexibilité. "Tu devrais consulter pour tes problèmes de sommeil". "Tiens, lis donc cet article, ça explique comment devenir un lève-tôt". Nouvel echec. C'est vrai que la flexibilité salariale est une pandémie capitaliste, mais bizarement, celle-ci ne doit pas se faire soigner...

Aujourd'hui, la troisième phase a commencé. Après avoir bien étudié mon cas, mon chef a décidé de s'attaquer à quelque chose d'important pour moi : mes vacances. Il m'a donc proposé que tout retard après l'heure de 11:30 soit compté en tant que vacances. C'est pervers. N'approuvant absoluement pas la mesure, mais n'ayant pas grand pouvoir dans la décision, j'ai négocié 2 points. L'heure limite est déplacée à midi, et ne seront comptés en tant que vacances que les retards non prévenus. Si j'appelle à 11h59 pour dire "j'arrive à 13h", et bien la mesure ne s'applique pas. Malgré cette négociation, j'ai fait comprendre à mon chef que cette mesure s'appliquait sans mon consentement.

Dans la mesure où je peux prendre des congés sans solde, cette mesure pourrait finalement se transformer en réduction choisie du temps de travail... À suivre !

Pendant l'entretient, comme d'habitude, sont apparues quelques petites perles. Expliquant sans trop en faire, que ma matinée avait été un peu chaotique, entraînant mon arrivée à 13h30 j'ai eu droit à un "Le chaos de ta vie privée n'a pas à influencer ton travail.". Chiche? La prochaine fois qu'une livraison urgente viendra jouer la corde de la flexibilité, j'irai lui dire "le chaos de l'entreprise n'a pas à influencer ma vie privée". On vera ce que ça donne.

Pour finir, une petite phrase qui m'a fait sourire : "Parfois c'est pénible d'être ton chef". Peine partagée. C'est pénible d'avoir un chef...

vendredi, novembre 13 2009

Hierarchie ?

Je n'aime pas la hierarchie. Ça, mes patrons commencent à le comprendre, et mon chef aussi. Finalement, je pense que toute la hierarchie "officielle" de l'entreprise à compris que toute expression ouverte de son autorité avait des conséquences négatives sur ma productivité et ma collaboration avec les intérêts capitalistes de l'entreprise. Mais depuis peu, je me suis retrouvé confronté à une nouvelle forme d'autoritarisme inattendu. Celle du petit lêche-cul qui veut devenir sous-chef.

C'est une forme d'autorité qui est complexe à gérer au premier abord, lorsque l'on veut être solidaire de l'ensemble des salarié-es, dans un esprit marxiste old-school. Mais c'est finalement quelque chose d'assez facile à comprendre dans la logique capitaliste néo-libérale. Chacun-e, dans son esprit d'entreprise individuelle doit niquer les autres et montrer sa superiorité et ses avantages comparatifs. Certes, dans mon cas on a tous les deux un boulot, et pas de concurrence "à priori", mais à l'image des grandes entreprises qui ont réussi, le but c'est de niquer la concurrence, même si elle n'est pas une menace, parcequ'à terme, elle pourraît en devenir une.

Voilà donc comment un collègue inoffensif à priori sort depuis quelques semaines son jeu pervers à chaque occasion. Il s'agit de corriger spontanément mon travail devant notre chef, puis de me donner des tâches qu'il serait bien que je fasse. Un petit peu les basses tâches dont il ne veut pas se charger. Plus pervers encore, il me demande de réaliser des tâches qui sont de sa compétence, pour le seul plaisir de les faire avant que je n'ai eu le temps de m'y atteler, parceque j'ai un autre métier malgré tout.

Entrer dans une guerre froide avec ce collègue, comme je le fais avec ma hierarchie officielle, ça n'est pas forcément la bonne stratégie, car ça me ferait passer de "chieur anti-chef" à "chieur tout court". Ma stratégie sera donc simplement d'entrer dans son jeu jusqu'à ce qu'il se lasse : lui laisser faire tout mon travail. Au bout d'un moment, il finira par arrêter de vouloir me donner des trucs à faire si il se rend compte que ça lui retombe sur la gueule.

Au final, je me demande si il s'agit du syndrome simple du "lêche cul premier d'la classe", ou d'une manipulation perverse de mon chef, qui remarquant mon refus de son autorité, la fait passer par la voix d'un collègue.

Mais pas de bol, peu importe la bouche d'où ça sort, l'autorité n'est pas bienvenue chez Marcel...

vendredi, octobre 30 2009

Réunion trimestrielle ? Rien à branler !

Nous avons eu aujourd'hui la désormais traditionelle "réunion trimestrielle" de l'entreprise. Enfin, nous c'est beaucoup dire, car je l'ai sêché.

C'est pas brillant, et c'est pas comme ça qu'on va construire un rapport de force, mais arriver avec désinvolture avec 45 minutes de retard à LA réunion où tous les chefs sont là, ça a un côté insolent qui me plaît bien. Je sais qu'ils n'y racontent que de la merde en arrondissant les angles, et donc je n'y porte même plus d'importance. J'avoue que c'est stratégiquement mal joué, parceque d'une certaine manière, ça me distancie des collègues qui subissent sans ouvrir leur gueule, mais d'un autre côté, ça me permet de reposer le rapport d'autorité que j'entretiens avec les patrons, et en ce moment c'est plutôt ce côté là qui m'intéresse.

Même si je n'ai pu apercevoir que les 2 dernières diapositives de leur diaporama PowerPoint(tm), j'ai eu le plaisir d'entendre quelques reflexions/explications croustillantes de mes patrons. En voilà une petite selection :

"On a une faveur à vous demander : réjouissez vous quand il y a des commandes !"

Parceque c'est vrai, que comme la moitié de la production est en temps partiel imposé, produire plus dans des délais intenables avec une demi-équipe, c'est pas forcément réjouissant pour les salarié-es, parceque ça veut dire travailler plus, pour rentrer plus tard, et tout ça pour sauver l'entreprise. Mais par cette petit phrase que chacun-e peut comprendre par son sens commun, le patron rétabli l'ordre : le marché est notre seigneur, remercions le de nous donner notre pain quotidien et de la joie qu'il nous procure.

Une autre citation approximative d'un autre patron était

"Les polonais on plein d'argent de l'UE pour des investissements de recherche, et il y aurait de la thune à faire là bas, mais on ne peut pour l'instant pas leur faire d'offre parcequ'ils ont une charte d'acceptation très stricte pour les achats publics. C'est quand même n'importe quoi qu'on ne puisse pas récuperer l'argent de l'UE qui leur est donné pour ces investissements, alors que l'Allemagne injecte beaucoup plus de pognon dans l'UE que la Pologne".

Et hop, ça faisait longtemps que le nationalisme et l'amour du Père-Pays n'avaient pas foutu leur nez dans l'économie. C'est aussi assez intéressant de voir la vision de l'UE qu'a ce patron. Il ne s'agit pas d'un projet politique ou humain, de rapprocher les peuples et tout le blabla qu'on entends à longueur de journée par les journaleu-ses/x, mais il s'agit bien d'un marché. Et quand on envoie de l'argent quelque part, c'est avant tout pour en récupérer d'avantage. Après la Françafrique, la Germanopologne. Ça à l'avantage de ne pas être de la langue de bois au moins.

Je passe les petites blagues d'un goût douteux pour détendre l'atmosphère, et voilà qu'arrive la question de la grippe A sur le tapis. Ça pourrait laisser penser que les patrons sont des blagueurs, mais en fait non. Le message sous-jacent est clair : on n'a pas le temps d'être malade, car il faut produire ! On s'est même vu conseillé de se faire vacciner, pour éviter de diminuer la productivité pour les derniers mois de l'année...

Au final, je sais toujours pas ce qu'ils ont racontés à cette réunion, mais ça doit ressembler à ça : "nous avons vendu des tonnes de produits qui n'exitent pas, donc soyez heureu-ses/x de travailler plus, dans plus de stress, sans tomber malade, car nous devons maintenant les produire pour sortir l'entreprise de la crise (et niquer la concurrence qui elle s'embarrasse de syndicalistes grincheu-ses/x !).

mercredi, septembre 23 2009

Le foyer entrepreuneurial

Pour ceu-x/lles qui n'auraient pas encore bien compris en quoi le foyer et l'entreprise sont des structures sociales bien similaires régies par le patriarcat, j'ai eu un sujet d'étude formidable qui illustre quelques points rigolos.

Chez nous, l'entreprise doit devenir notre famille. Ça peut prendre plusieurs niveaux selon l'engagement de chacun-e, mais ça commence au minimum avec les fêtes d'anniversaire de tout le monde, puis les visites chez les un-es chez les autres, les vacances communes, pour aller vers du mariage inter-salarié-e et de la production d'enfant certifiées par l'entreprise (idéalement conçus sur place). Bref, tout ça pour dire, ici on ne rigole pas avec "la famille".

Comme dans toute bonne famille qui se respecte, il y a des fêtes de famille, ça permet de faire mieux connaissance avec les cousin-es de la comptabilité, de jouer au frisbi avec les enfants du patron, et de rencontrer les dépendances des gens ayant une vie privée en dehors de la famille, et qui sait, de faire peut être créer des nouvelles relations incestueuses... Mais comme rien n'est gratuit, il faut mériter sa petite fête.

Cette année, les patrons ont organisé une journée "grand nettoyage" de l'entreprise. Ça à l'air sympa comme ça, ça permet de faire autre chose que la tâche pour laquelle on est spécialisé, et ça mets tout le monde sur un pied d'égalité... Oui mais... Comme qui dirait, il y en a qui sont plus égaux que d'autre. La hierarchie existante (mais souple, version "startup") est effectivement un peu réduite ce jour là... Pour affirmer des hierarchies bien supérieures :

- les femmes nettoient les parties communes, l'éponge dans une main, le spray décapant dans l'autre. Les frigos où les hommes laissent moisir leurs fruits pendant des mois ont été héroïquement nettoyés par les femmes "tout naturellement". - Les hommes qui travaillent dans les bureaux ont détruit pendant ce temps les documents inutiles qu'ils entassent dans leurs armoires - Les patrons, après avoir peut être fait le ménage de leurs photos sur leurs ordinateurs portables sont venu faire quelques tours de "contrôle qualité" au milieu des salariés nettoyant la merde accumulée les X dernières années. C'est vrai que le costard noir et les raybans, c'est pas pratique pour nettoyer le filtre du lave vaisselle...

Après plusieurs heures d'intense nettoyage, nous sommes donc tou-tes allé-es faire un pic-nic/barbecue dans le parc d'à côté. Les hommes transportent les tables et les bières, les femmes la vaisselle et les salades. Une petite musique de la petite maison dans la prairie, et on s'y croirait presque. Une fois tout sur place, les hommes font le feu en buvant des bières, les femmes installent le buffet et les décorations. C'est beau comme une peinture. Histoire de vraiment rentrer dans les clichets, les patrons s'allument des cigares...

Le/La prochain-e qui me dit que le capitalisme n'est pas lié au patriarcat a le droit de se mettre un cigarre de mon patron dans l'anus (avant que je ne le remettre discrètement dans sa boite...).

Histoires de salaires (1)

Ici, nos patrons et nous avons une relation assez classique en apparence, dans le cadre du travail salarial. Au delà des histoires de cul, on a des histoires de salaires.

Je vais laisser de côté les histoires de cul pour une prochaine fois, parce que les histoires de salaires vont déjà prendre un petit moment (certainement plusieurs chroniques) et sont certainement bien plus excitantes...

Mes lect-rices/eurs fidèles l'auront certainement remarqué, j'ai souvent évoqué sur ce blog des "mesures scélérates de sortie de crise". J'y reviendrai dans un prochain billet, mais il s'agissait déjà d'une des premières "affaire de salaire" de ma boite. En substance, nos patrons ont demandé à leurs salarié-es en décembre dernier de renoncer à leur salaire du mois, en continuant à travailler gentillement, le tout pour transformer un mauvais bilan en un bilan positif, et faire jouïr les bourses de la banque qui leur prête des sous-sous. C'est donc prouvé par la pratique de notre entreprise, le salaire est la variable d'ajustement la plus efficace pour faire plaisir aux marchés... Enfin, une variable, mais qui ne varie en pratique que vers le bas. Mais je m'égare, et revenons en à nos saute-moutons.

Cette première "affaire de salaire" fût également mon vrai dépucelage salarial. Et bien ça fait mal, le viol comme première expérience, c'est pas idéal pour continuer à aimer ça. Certes, je me suis défendu à grand coups de pieds dans les bourses, mais ça laisse un souvenir amère quand les agresseurs reviennent à la charge. Au final, j'ai été le seul salarié à ne pas accepter de travailler gratos, et à ne pas renoncer à son salaire. Résultat, je sème la zizannie au service comptabilité !

Comme je ne suis pas un gros flambeur et que je touche plus de pognon que j'en dépense, et bien je ne fais plus trop gaffe à mes finances. Cela dit, je me suis mis à contrôler un peu mes fiches de paye et les virements qui avaient été réalisés sur mon compte il y a quelques jours, à la base, pour voir combien de jour de congé sans soldes avaient été déjà retirés avant la mise en place de leur retrait automatique... Et bien c'était plutôt une bonne idée. Je me suis donc rendu compte assez rapidement qu'il valait mieux aller dire bonjour à la banquière pour qu'elle confirme qu'effectivement, il manquait un salaire. Bon, j'ai mis 4 mois pour m'en rendre compte c'est un léger de ma part, mais le fait reste qu'il manquait l'air de rien, avec le salaire de mars nommé avril, et le salaire de mars réel envolé dans la nature.

En allant frapper aux ressources humaines, le responsable a admis son "erreur" assez rapidement. Quelques jours plus tard, le temps de "tout recontroller" il est revenu en m'expliquant les choses obscures de mes fiches de paye, et en m'apprenant également qu'ils avaient pris 2 jours de congés sans solde en trop au mois de février. Bref, régularisation de la situation.

Un peu facile mes direz vous, et j'avoue que j'ai quelques doutes sur sa bonne foi... mais il est arrivé un élément nouveau.

Hier, l'un des patrons, nous envoie un mail au sujet évocateur "salaires du mois d'Août". Avant même de l'ouvrir, je m'attends à un nouveau retard de salaire. Mais là, oh surprise, c'est différent. Les salaires ont bien été virés, mais... 2 fois au lieu d'une "parce que le logiciel a eu un bug". Le logiciel à bon dos lorsque le problème se situe entre la chaise et le clavier... Il nous demande donc de gentillement rendre les sous-sous à papa, car c'est trop compliqué et trop cher de faire ça via la banque. Rhoooooooo, c'est quand même pas de chance ça ! C'est stupide, mais je pense que cela prouve la bonne foi des ressources humaines vis à vis de mon salaire manquant : ce sont des boulets.

Par contre, je me demande bien quelle comportement vont adopter les autres salarié-es. Finalement, ce salaire de trop, ça n'est que le remboursement de celui qu'on leur a volé en décembre, alors le "rendre" n'a pas vraiment de sens... Si je voulais rééquilibrer la balance, je pourrais le garder 4 mois, parce que bon, celui qu'on m'a payé en retard, j'ai pas vu beaucoup d'intérêts dessus. En tout cas, 4 mois ou pas, ils vont l'attendre encore un peu...

jeudi, août 20 2009

SPD : enfoiré-es

Bon, j'avoue que le titre peut paraître un peu lointain de mon monde du travail, mais vous allez comprendre.

Mon patron préféré a envoyé un mail à tou-tes les salarié-es aujourd'hui, pour nous annoncer des visiteu-ses/rs demain. On commence à être un peu habitué-es, et généralement, ce genre de mail ne contient qu'un simple "comme d'habitude !", puisque chacun-e sait déjà qu'il faut être sourillant, cacher la misère sous le tapis et fermer les portes secrètes.

Mais là, oh surprise, le mail d'information est très long. C'est qu'il s'agit d'un cas exceptionnel, le candidat local du SPD pour le Bundestag vient voir comment se portent les entrepreuneu-se/rs locaux. C'est gentil ! Donc notre gentil patron qui reçoit la visite d'un gentil candidat social-démocrate nous rappelle qu'il n'est pas question que l'entreprise s'affiche comme soutenant un parti quelqu'il soit. Il est juste question d'avoir des contacts haut placés qui "ont une influence non négligeable sur l'attribution des budgets et des marchés publics". Bref, on les reçoit avec le sourire, comme ça ils rempliront le caddie chez nous. N'oubliez jamais, la politique ça sert avant tout à faire tourner la boutique.

Quelques petits détails se rajoutent aux conseils usuels. Il est de bon ton de ne pas parler de nos problèmes à ce politicien, car la presse-bourgeoise qui le suit pourrait en prendre bonne note, ce qui aurait pour conséquence malheureuse de donner des informations à la concurence. Et hop, voilà comment on utilise une clause de confidentialité d'un contrat de travail pour en faire un outil de censure politique. J'avoue, je n'avais pas vu la subtilité en signant mon contrat de travail, et je dois dire que c'est du grand art !

À côté de ça, il est rappelé pour c-elles/ux qui n'auraient pas compris, qu'il est impératif de garder le silence radio sur les mesures scélérates et éviter les questions de "la crise". En même tant, à quoi bon... Parceque n'oublions jamais : les sociaux-traitres ne changeront de toute manière jamais rien à la vie des travailleu-se/rs, alors ça sert donc à rien qu'ils sâchent qu'on en chie... Et puis d'ailleurs, si ils/elles s'en inquiétaient vraiment, ils/elles auraient pris rendez vous avec les salarié-es, pas avec les patrons...

Si il y avait un syndicat dans la boite, on aurait pu faire une petite opération 2 pour le prix d'un : taper sur le SPD et sur les patrons en un seul coup. Mais là, je crois que je n'ai pas trop le courage de m'y lancer tout seul...

En tout cas, pour moi le SPD vient de confirmer dans quel camp il se trouve, qu'il y crêve.

dimanche, août 2 2009

Première visite de la filiale

L'autre jour, moi et mon collègue sommes allés faire un petit tour dans la filliale pour préparer l'extension de notre empire. Le point positif, c'est que 4h de voiture comptent comme du travail, que ça fait prendre l'air, qu'on a pas les chefs sur le dos, et qu'on peut faire un peu de tourisme en même temps.

Le point négatif, c'est que toutes les visites précédentes venant de la maison mère étaient des visites hostiles, et que le contact est difficile même si on est du même côté du salariat... Certes notre visite n'était pas pûrement de courtoisie, mais au moins, on était pas là pour voler la cafetière et les plantes vertes. Bref, on a beau être gentils, c'est difficile d'être accueuilli à bras ouverts.

À l'aller, mon collègue me dis "Le patron m'a appelé hier soir pour me briefer, il a dit qu'on devait s'en tenir à la technique, et éviter de parler de la politique de la boite, car c'est encore un peu sensible là bas..." Étrange ! Moi, il ne m'a pas appelé le patron ! J'y aurais pas pensé par moi même, mais histoire de dissiper tout malentendu, il va falloir parler politique avec les collègues de la bas !

Mon homologue dont je vais voler le travail à finalement démissionné de lui même. Il a pu trouver un boulot intéressant ailleurs, et semblait assez content de fuire le mouroir qu'est devenu la filiale. Même si rien n'a été dis clairement, j'ai cru voir une certaine forme de reconnaissance vis à vis du fait que je l'avais prévenu secrètement de la suppression probable de son poste il y a quelques mois.

L'autre informaticien survivant, dont le contrat a été rompu pour la fin de l'année semblait quant à lui pas désespéré, et plutôt joueur vis à vis de la situation de merde. Les autres ont pas étés très locaces. La méfiance règne, et elles/ils ne sont dûpes que la purge n'est pas terminée.

Bref, arrive le moment du repas. L'avantage d'une petite boite qui est en train de se faire laminer, c'est que les salarié-es ne se surexploitent plus trop, et qu'aller tout-es ensemble manger à midi, et bien ça fait parti des petits plaisirs qu'il reste quand on sait pas si on touchera son salaire à la date prévue. Par contre, avoir des taupes au repas de midi ça sême le trouble. Hors mis les 2 informaticiens, peut être plus au courant de ma relation avec les patrons, les autres salarié-es étaient plutôt distant-es. Finalement, en amenant l'air de rien une discussion sur les "grèves à la française", un peu plus stressantes pour les patrons, l'un des informaticiens a sorti, c'est vrai que le patron chez nous il est un peu stressé par un français !

Y'avait un petit sourire satisfait quand il a dit ça, c'est toujours ça de pris.

samedi, août 1 2009

Faiblesse passagère...

L'autre jour, on a eu une la fameuse réunion trimestrielle du personnel.

J'y suis allé un peu les mains dans les poches, ça doit être l'effet de l'été et l'ambiance de vacance qui me colonise la tête... J'aurais bien voulu préparer cette réunion un peu mieux, parceque par les temps qui courrent où les grévistes français-es menancent de faire sauter leurs usines quand on leur propose de la merde, ou quand des salarié-es chinois, tuent celui qui voulait virer 30 000 employés d'un seul coup, et bien rappeler que les salarié-es d'ici pourraient s'en inspiré aurait été du plus bel effet.

Mais quelque part, ouvrir ma gueule à chaque fois pour le sport, ça fini par me marginaliser un peu... tout le monde s'y attends, et finallement, ça ne les surprend plus.

Avant d'entrer dans le calendrier comme l'arrivée du lapin de pâques, et bien j'ai fait cette fois-ci la grève du coup de gueule. Y'a pas de raison que ça soit toujours mois qui m'y colle. J'ai passé la réunion du fond de la salle, en prenant un malin plaisir à observer les sous-chefs qui se demandent sur quel angle je vais attaquer, et les patrons transpirer en me regardant les fixer...

Et bien c'est pas brillant. Pas un guiluguili sous le pied des patrons. Rien. J'avais bien l'impression que certain-es collègues n'étaient pas bien convaincu-es, mais les courbes sur un magnifique power point ont donné raison à ceux qui les ont mises en forme.

Les patrons nous ont donc expliqué avec joie que nous étions en bonne santée -courbes à l'appuis-, car au dessus du pire cas (qu'ils ont défini eux même aussi), et que les concurrents virent à tour de bras. Réjouissons nos, nos concurrents mettent au chômage !!! En regardant la petite étincelle dans les yeux des sous-chefs du département vente, ça donnait quand même bien la gerbe. "Formidable, le concurent à fermer une de ses branches de développement et virer tout le monde ! On va pouvoir lui voler des marchés !". Il ne faut jamais oublier, le concurrent est toujours responsable de la mauvaise santé chez nous. Ça vole haut.

Passons. Un powerpoint remplis de chiffres, sauf un type de donnée pourtant essentielle : ceux en rapport avec nous, les salarié-es. C'est vrai que faire une courbe qui montre la diminution du nombre d'heures travaillés par 2, ou qui montre une réduction lente mais durable du nombre de postes, ça fait moins bander.

Pour la prochaine, je préparerai le double de questions vicieuses pour me rattraper. J'ai hâte !

jeudi, juillet 23 2009

Aux revoirs

Ça y est. Ce qui plannait depuis quelques mois au dessus de nos esprits est tombé dans la réalité.

J'ai reçu un mail la semaine dernière de mon homologue de "la filiale". Il vient de recevoir officiellement sa lettre de licenciement. Dans 1 mois et demi, il ne sera plus des notres. Il m'a aussi prévenu que l'autre survivant du département informatique sautera en septembre. Bref, plus aucun-e informaticien-ne en perspective dans la filiale. Il ne précise pas trop les détails, mais il me dit qu'il faudra penser à comment organiser ma reprise de son travail.

Mon empire s'étend. Si j'étais imperialiste, je suis sûr que ça m'enchanterait, mais comme je suis plutôt pour le partage du travail, et bien c'est pas super réjouissant.

J'ai reçu ce mail alors que mon chef était en vacances. À la réunion après son retour, on a évoqué la question et il était un peu surpris et ne comprenais pas bien. Incroyable. Le dévot de l'entreprise, salarié depuis le début et ami de la direction, n'avait pas été prévenu de cette information le concernant quand même beaucoup ! Mais non, il n'y a pas de problème de communication dans la boite !

Bref, on s'approche donc lentement de l'objectif "noyau dur" pour la filiale, soit 75% de réduction des effectifs... Mais là, c'est bizarre parceque je vais officiellement voler le travail d'un collègue. Comment réagir face à une demande comme celle là ? Pourquoi les patrons ne m'ont pas prévenu directement de leur décision de virer le collègue et du fait que je devrais reprendre son travail ? Pourquoi ont-ils demandé au collègue en question de me prévenir ? C'est étrange, mais j'ai tendance à croire qu'ils ne se sentaient pas trop de venir directement me voir, de peur de ma réaction... Bref, je vais devoir aller la semaine prochaine visiter pour la première fois cette filiale, et me faire expliquer le travail de mon futur-ex-collègue. C'est vraiment une situation pas très confortable, mais mon homologue m'a dit qu'il avait trouvé un autre boulot intéressant.

L'avoir prévenu un peu avant aura quand même peut être servit un peu... En tout cas, la semaine prochain aura lieu la prochaine réunion des salarié-es, et j'ai hatte d'entendre les explications sur "la filiale".

mardi, juillet 14 2009

Si vous êtes trop fainéant-es pour me lire...

...vous pouvez désormais aussi m'écouter.

Des cop-a-ines franco-berlinois-es se sont lancé-es dans une radio web non-commerciale qui parle surtout de Berlin et des squats de Berlin, mais elles/ils se définissent plus ou moins comme une "zone d'expérimentation" et m'ont proposé de retranscrire mes billets radiophoniquement.

Je fais ça depuis quelques émissions (il y en a une toutes les 2 ou 3 semaines), et c'est pas mal, je vous invite à les écouter sur Radio Sterni.

jeudi, juillet 9 2009

Congés payantes

Il y a de cela quelques mois (en décembre dernier pour être précis), la "crise" a été livré par le père noël aux salarié-es de la boite.

Youpi ! Des petits paquets pour tout le monde ! Parmis ces paquets de mesures, toutes plus scélérates les unes que les autres, il y en avait quand même une sympathique : chacun-e était invité-e à prendre plus de vacances pour l'année 2009. Certes, des congés sans solde, mais pour le coup, ça m'arrangeait plutôt bien, comme j'avais besoin d'un peu plus de temps pour faire des choses utiles... Comme je l'ai vaguement énoncé dans un billet précédent, la "facturation" de ces vacances qui devait se faire à mesure se fera finalement dans les 5 derniers mois de l'année à raison de 2 jours/mois.

Pour c-elles/ux qui ont l'immense privilège de ne pas être à temps partiel, ça fait quand même une baisse de 8% du salaire sur les 5 derniers mois. Ils avaient promis que les personnes mises au temps partiel n'auraient pas à prendre ces congés, je suis pas trop sûr que ça ait été vraiment respecté... Bref, vous me direz au moins ces 8% de baisse de salaire correspondent à 8% de réduction de temps de travail !

Oui, mais non. Ici, c'est la magie de Disney dans un oeuf Kinder.

Lors d'une de nos réunion de service qui a suivit la dernière réunion de l'ensemble des salarié-es, notre chef nous a "réexpliqué" le système de la facturation des congés sans solde. "Ça n'est pas parcequ'il y a 2 jours par mois qu'il faut impérativement les prendre chaque mois" qu'il nous dit. Il ajoute après un petit détail qui chatouille... "Mais d'ailleurs, on a vraiment beaucoup de travail au niveau logiciel, et vous avez le droit de prendre ces congés, c'est évident ! Mais si vous ne les prenez pas, ça serait vraiment bien pour l'entreprise !".

Rien que ça !

Pour mémoire, ce petit paquet cadeau à connu les mutations suivantes :

  1. "Il serait vraiment bien que chacun-e des salarié-es prenne 10 jours de congés sans solde en 2009 !" (ah oui ? on a le choix ? trop cool !)
  2. "Les 10 premiers jours de congés que vous prendrez seront considérés comme sans-solde !" (le volontariat a déjà été remplacé par une acceptation de fait uni-latérale)
  3. "On a merdé et on vous facturera les 10 jours de congés les 5 derniers mois de l'année" (et hop, vive la précarité. Celui/celle qui avait compté sur son salaire complet pour la fin de l'année peut se brosser...)
  4. "Finalement, maintenant qu'on a organisé la machine pour vous facturer tou-tes de la même manière, ça serait gentil de pas prendre ce qu'on vous a vendu de force" (le chantage affectif pour mère entreprise est revenu !)

Voilà comment on transforme discrètement une proposition basée sur le volontariat en devoir scélérat sans que personne ne bronche.

Y'a pas à dire, vive l'entreprise et vive le salariat !

jeudi, juin 18 2009

L'art de la communication

Aujourd'hui, la direction nous a informé d'un whitepaper à lire, concernant notre stratégie de communication vers l'exterieur. L'art du mensonge reviens, mais là il est imprimé noir sur blanc.

Quatres pages pour résumer ce que le public à le droit de savoir, mais surtout d'ignorer. Je ne résiste pas. Je saute sur le document dès qu'il arrive dans ma boite aux lettres. Avec un café et une gauffre, c'est un régal au petit déjeuner.

Le document se décompose en 4 parties :

  • La motivation d'un tel document
  • les points important à faire passer
  • les faits importants
  • une foire aux questions

Ce document est nécessaire parceque nous avons de nouve-lles/aux salarié-es. J'en suis ravis. Mais je crois que c'est surtout parceque nous avons des ancien-nes salarié-es, et qu'il faut nous rappeler que ça ne doit pas se savoir. Je continue et je lis que la firme grandi fortement. À part dans les mesures scélérates, les licenciements et le temps partiel imposé, je vois pas trop ce qui a grandi. Mon salaire a plutôt rétréci pour sa part, mais bon, si les patrons disent que l'entreprise grossi, je veux bien les croire... peut être parlent-ils de ses dettes ? Je continue. Oh, ça devient intéressant. "Rassurer les marchés". Bon, j'avoue c'est pas écrit comme ça, mais c'est comme ça que je comprend "Donner une image uniforme et prévenir l'insécurité du marché". L'uniforme, c'est vrai que ça rassure les marchés, mais c'est une autre histoire...

On en arrive aux points centraux de la communication d'entreprise. Irradier sa confiance dans la stabilité de l'entreprise, voilà le point central (et donc, ça va rassurer les clients et le marché...). Nous sommes fort, et en bonne santé ! En lisant ça, ça donne envie d'aller demander une augmentation... Un peu plus loin pour les distraît-es, on en reprend une couche. "Présenter l'entreprise comme une modèle de réussite de croissance". Wahou, rien que ça. Éviter d'utiliser les expressions comme "Start-up" ou "petite entreprise". D'orénavent, j'utiliserai "End-Down" pour décrire où je travaille. Parce que décidément, on va finir très bas. Je continue ma lecture... Il est de bon ton lorsque l'on discute avec des client-es de préciser que notre entreprise n'est pas en bourse, parceque de nos jours, être en bourse c'est mal vu, et surtout les gens ont compris que la bourse, ça fait couler les boites. Si je comprend bien, nous avons donc échappé à la crise et nous avons réussi une croissance stable car nous ne fricottons pas avec les marchés financiers ! Certes on n'est pas en bourse, mais lire ça, ça chatouille quand même un peu.

Le contenu étant bien défini, on arrive à ce qu'ils appellent les "faits clés". J'ai quelques relents de café, mais je reprend un biscuit pour continuer la lecture. Beaucoup de blabla. 10% du capital appartient à une banque, le reste aux patrons. Très bien, ça permet d'avoir en tête où sont les intérêts de chacun-e. On y apprend aussi qu'on est une boite de 70 salarié-es. Je ne résiste pas à la lecture de cette information, et je retourne jeter un oeuil sur ma liste téléphonique. Bon, c'est arroni à une dizaine au dessus. Si on prend tous les gens en congé parental, en demi-poste imposé, et bien ça fait une beau chiffre bien gonflé. Ah oui, et ils ont fait le document en juin, comme ça on peu compter encore dans la filliale le double des salarié-es qui y seront plus le mois prochain car ils ont déjà été licencié-es.

On continue avec du blabla et ça fini par une information intéressante : la boîte est profitable et investit dans sa croissance. Elle ferait mieux d'investir dans des conditions de travail décentes pour ses salarié-es. Aller, encore une petite blague pour finir. Si lors d'un salon, quelqu'un-e prétend vouloir travailler chez nous, il faut lui dire qu'il y a des postes à pourvoir. Vous avez un doctorat ? Vous voulez jouer avec de la haute technologie ? Venez faire un stage gratuitement chez nous pour vous épanouïr dans votre vie !

C'est rigolo, ce document s'appelle "Juin 2009 : les faits". Moi j'aurais appelé ça "2009 : L'effet du joint".

mardi, mai 19 2009

Vive la transparence !

Aujourd'hui, nos patrons nous avaient convoqué pour une réunion trimestrielle d'information sur l'état de l'entreprise. Ils ont commencé à organiser ça tous les 3 mois depuis décembre dernier (je raconterai ça un jour sur ce blog...)

Bref, ces réunions ont pour but de nous faire partager de manière régulière l'état de santé de l'entreprise (un peu comme Mitterand à son époque), et les mesures restrictives qui vont avec. C'est présenté comme étant un moyen de garder une bonne transparence, alors autant en profiter pour jouer avec la direction là dessus...

Donc aujourd'hui, nous avons appris que ça allait bien, mais que un petit problème de trésorerie nous donnerait 2 semaines de retard sur notre salaire de juin. Bon, on commence à être habitué-e, donc on s'en fout presque, on mangera des pâtes. À côté de ça, une des mesures qu'ils avaient demander en décembre, à savoir que chacun-e prenne des jours de congés sans solde n'a pas été vraiment mis en application pour l'instant parcequ'ils ont merdé dans la gestion. Donc à partir de juillet, tous les salaires seront automatiquement diminué de 2 jours de congés sans solde. Pour c-elles/ux qui ne voudraient les prendre que plus tard, ça va aussi. En gros, on nous facture à l'avance un crédit de 10 jours de congés.

Après cela, quelques explications sur les nouveaux produits, a eu lieu. Nous sommes formidables.

Comme les 3/4 des meubles ont été pris dans la filiale pour ramener dans la maison mère, et bien il a bien fallu dire quelques mots sur cette filiale. J'ai donc appris avec émotion, que 50% des locaux avaient été laissés, et qu'un chef de projet avait été licencié. Mais maintenant, le "noyau" qui était resté était super motivé et allait travailler sur un nouveau produit révoutionnaire. La présentation continue sur de l'autopub. Vient enfin le temps des questions.

Personne ne dit rien... Finallement, un fraiseur, qui a déjà été mis au "Kurzarbeit" (réduction imposée du temps de travail), dis "oui, mais quand même ça va être un peu chaud du cul d'avoir 2 semaines de retard sur nos payes". Les patrons ont répondu que oui, mais c'était comme ça. Suivent quelques questions technique sur la facturation des vacances.

Assis sur mon fauteil de ministre, (on a pas assez de chaises dans la salle de réunion, alors chacun-e ramène la chaise de son bureau), j'ai demandé l'air naïf quelques précisions sur "le noyau dur de la filiale". Plus exactement sur le nombre qu'ils sont. J'attends quelques secondes qu'ils préparent leur réponse, et je rajoute "oui, parcequ'ils sont plus que 6 sur la liste téléphonique alors qu'ils étaient une vingtaine autrefois, et c'est bizarre, j'ai découvert ça par hasard mais personne ne nous a prévenu !". Ce petit moment a été une assez forte jouissance. Retourner la relation de pouvoir, c'est vraiment agréable. Je crois que la moitié des salarié-es ont appris de ma bouche cet état de fait. On a eu alors droit à une superbe explication. Les salarié-es de la filiale sont nul-les, c'est pour ça qu'on les a viré-es. Nous, dans la maison mère, on est tellement bon-nes ! Et puis "beaucoup" sont parti-es d'elles/eux même, par exemple pour suivre leur femme qui a déménagé ! (c'est sûr ! Il y devait y en avoir au moins 30 dans ce cas ! ...). Mais bon, en chatouillant un peu, on arrive à tirer quelques vraies explications. On allait pas garder des doublons par rapport aux compétences de la maison mère. Donc on vire tout ce qu'on sait faire chez nous, par exemple, tou-tes les développeu-ses/rs logiciel. Arrive alors la déclaration magique : "l'équipe qui reste va être intégré formidablement bien !". Ce sont vos collègues directs désormais, c'est comme si il travaillaient à côté ! Elles/Ils font partis de l'équipe ! Du pain bénit. J'étais un peu joueur aujourd'hui, alors je suis retourné à la charge. "C'est marrant, y'a 1 an, on nous a dit mot pour mot la même chose. Leur nom d'origine ne devait plus être utilisé tellement ils étaient nos collègues. Et plouf plouf, ils ont repris leur identité le temps de les "nettoyer".". Après cette phrase, j'ai pu avec une certaine satisfaction voir des sourires sur la bouche de quelques collègues. La discussion s'est terminée par "d'autres questions sur d'autres sujets ?".

Le nettoyage silencieux à merdé aujourd'hui, je suis assez fier de moi.

Big brother, c'est moi

Aujourd'hui, nous avions une réunion d'administrateurs système. On a ça toutes les semaines pour que le chef du département informatique surveille notre travail. Officiellement c'est pour discuter collectivement des problèmes et des projets, mais en pratique, c'est que mon chef aaaaaaaaaaaaime le contrôle. Aujourd'hui, il sortie la massue.

Nous avons mis en place un serveur de discussion instantané interne, pour que les informaticens échangent plus rapidement sur des petits trucs. On s'est ensuite dit que ça pourrait être utile pour d'autres et mon collègue l'a installé chez ses utilisat-rice/eurs du marketing (comme ça ils/elles l'appellent pas à chaque fois qu'ils/elles ont un problème). Mais arrive la question du "le patron va pas être content". Effectivement, un des patrons a peur que ce chat interne réduise la productivité de ses esclavessalarié-es. Mon chef a alors eu une idée de génie. Il suffit d'enregistrer L'ENSEMBLE des discussions inter-salarié-es sur le serveur, et comme ça, et bien si il y a des utilisations abusives on le saura. J'ai donc la mission de trouver si notre logiciel serveur de messagerie instantanné peut être configuré dans ce mode. Forcément, comme c'est un logiciel libre, et bien c'est assez facile d'écrire des ajouts qui intègrent cette fonctionnalité. J'ai donc recherché, et j'ai trouvé quelque chose qui peut faire ça. Après avoir discuté avec mon collègue, il trouve aussi que c'est une idée de merde. Je vais donc informer mon chef que oui, ça existe mais que je ne le metterai pas en place. On verra comment ça se passe. Je sens que je vais entrer dans une période très conflictuelle au travail...

Après cela, nous avons discuté de la filiale. J'ai donc appris en évoquant les projets que j'avais discuté avec mon homologue de cette dernière, que des postes allaient encore sauté, et qu'ils fallait pas trop se projeter dans l'avenir. J'ai appris par la même que je devrais récuper tous les accès à leur serveurs prochainement... En traduction : mon homologue va sauter. Pas de bol, avec lui on communique de manière chiffrée. Je l'ai donc gentillement prévenu de se méfier, et que les patrons allaient prochainement lui demander de me filler tous les accès. J'espère qu'avec cette petite prévention, ils auront le temps de prendre contact avec un syndicat et faire chier un peu mes patrons.

samedi, avril 25 2009

Tout va bien (oups, mauvaise liste de diffusion)

Dans mon entreprise, nous avons une liste de diffusion de l'ensemble des salarié-es. C'est très pratique pour annoncer que les toilettes sont bouchées où que Jochen fête son anniversaire et a amené du gâteau dans la cuisine.

Mais dans cette liste, il y a aussi les quelques salarié-es des filliales étrangères. Ça représente 4 ou 5 personnes.

Comme ces personnes ne parlent pas l'allemand, On m'a demandé de créer des listes allemandes comprenant tout le monde, sauf e-lles/ux. Mais au final, ces listes ne servent pas uniquement à épargner les étranger-es des problèmes de toilettes bouchées, mais aussi à les évincer des communications des mauvaises nouvelles.

Par contre, comme je l'ai déjà suggéré dans un autre billet, mes patrons sont des boulets du clavier. Donc parfois, ils se trompent et envoient les mauvaises nouvelles à tout le monde. Dernière en date, l'annonce de deux semaines de retard sur le virement des salaires a été malencontreusement aussi envoyé aux étranger-es. Ça la fout mal pour réussir à faire illusion auprès des salarié-es qui sont loin, que notre entreprise va bien.

Comme une fleur, la direction vient après ce genre de gaffes dans mon bureau pour me demander de réparer leur bétise et de censurer les boites mails des salarié-es. C'est déjà arrivé 3 fois, et je me débrouille pour que la censure soit inefficace, mais je trouve la méthode assez significative de la transparence qui existe dans la communication entre la direction et les salarié-es...

jeudi, avril 23 2009

De l'art de l'illusion

La boîte va mal, mais il ne faut pas que ça se voit. Sinon, les clients n'achèteraient plus, et la boîte irait encore plus mal.

Et finalement, c'est tout un travail de camoufler la misère. En cette période de crise, on pourrait presque embaucher quelqu'un-e juste pour faire croire que tout va bien, tant cette activité est omni-présente dans l'emploi du temps de la direction. Bref, venons en à un exemple.

Mon ancien bureau était jusqu'à peu directement dans une pièce derrière le bureau de la secrétaire. Il avait une particularité, celui d'être une pièce ayant un mur vitré donnant sur la porte d'entrée. Une sorte de loge de concièrge en plus chic en somme. Pour des raisons obscures, on m'a demandé de déménager mon bureau dans un recoin plus invisible des visiteu-se/rs il y a peu de temps. La motivation officielle c'était que j'y aurais plus de place, et surtout que j'y aurais un espace réservé à bricoler des ordinateurs. Proposition alléchante. La vraie raison je crois, c'était surtout que la première impression qu'avaient les visiteu-se/rs de l'entreprise, c'était la vue du chaos du bureau d'un informaticien, avec trois ordinateurs ouverts sur la table en permanence, et une montagne de post-its et de feuilles brouillon avec d'obscures schémas de réseau. On a beau répéter que le génie sort du chaos, ça pouvait faire mauvaise impression quelque part.

On m'a donc prétendu que mon bureau allait être occupé par quelqu'un gérant les brevets pour l'entreprise. Une personne fantôme, puisque ce poste n'existait pas encore, et que la tendance est plus au dégraissage qu'à l'embauche. Mais bref, ça aurait été quelqu'un-e d'ordonné. En attendant, un patron m'a demandé de l'aider à réarranger le bureau après mon départ.

  • Première étape, déplacer une étagère qui était dans le couloir pour la mettre sur le mur opposé à la baie vitrée. L'intérêt ? Donner l'impression que quelqu'un-e travaille dans ce bureau.
  • Deuxième étape ajouter des plantes vertes (beaucoup)
  • Troisième étape, installer un moniteur TFT 21' et un clavier. L'observat-rice/eur attentif remarquera qu'il manque l'ordinateur, mais avec un peu de chance, la corbeille à papier fait illusion.

Voilà, nous avons donc un magnifique bureau à l'entrée de nos locaux où un juriste en propriété intellectuelle travaille à gérer nos brevets. C'est comme ça que le bureau est présenté à nos clients en visite il me semble. L'entreprise, c'est un peu Alice au pays des merveilles parfois...

mardi, avril 21 2009

Dégraissage

Aujourd'hui, j'ai à nouveau découvert la joie d'être informaticien dans une boite où les patrons sont des gros boulets du clavier.

Zut, le patron n'arrive pas à imprimer un document qui vient de la filliale qui se trouve à l'autre bout de l'Allemagne. Pas de bol. Il vient donc frapper à notre porte pour l'assister dans sa difficile tâche d'impression. Ciel, ça ne marche pas de son ordinateur. Le voilà contraint à nous envoyer le document pour que l'on essaye de l'imprimer nous même.

Après lecture du document (parcequ'il faut bien savoir un peu à quoi l'on collabore), je remarque qu'il s'agit d'une lettre de licenciement pour un salarié de la filliale en question. Encore plus con, le patron m'a envoyé les 3 documents, car 3 salarié-es vont sauter.

Ciel, c'est vrai qu'il y a un an, lorsqu'ils ont racheté cette boite en nous présentant les nouveaux membres de la famille, tout était fait pour que l'on apprenne à connaître nos "tandems" respectifs, pour que l'on ait un esprit d'équipe au delà des kilomètres, pour pouvoir produire dans la joie du village global.

Mais bizarre, depuis la crise, le divorce a eu lieu. Plus de visites chez les un-es et chez les autres, plus de nouvelles, plus de petits mots sur le frigo... Loin des yeux, loin du coeur. On les aurait presque oubliés, reclus sur nos petits problèmes locaux.

Comme je n'aime pas trop les conflits de famille, j'ai profité du fait d'obtenir des nouvelles par une voie inofficielle pour en prendre discrètement e plus larges.

Pour ça il y a un outil magnifique : le wiki. Un wiki, c'est un portail internet (chez nous il est interne), qui permet de mettre des textes en ligne, de les modifier, etc... L'avantage de ce genre d'outil est de garder un historique de toutes les modifications de chaque page. Pour faire de l'archeologie numérique, c'est formidable.

Chez nous, il y a une page avec la liste des numéros de téléphone de tout le monde. Très pratique. Quand quelqu'un-e disparait, il est effacé du tableau (un peu comme jadis sous Staline). Par contre, les peintres de staline n'avaient pas des wiki-toiles. Ici, on peut regarder par exemple la différence entre la liste actuelle et la liste du début du mois. Bon sang, déjà 11 disparu-es dans la filiale en moins de 20 jours !

Si on remonte au début de l'arrivée de la crise chez nous, et bien en voilà 2 disparu-es de plus. Allez, juste pour rigoler de la misère du voisin, on remonte à l'achat de la filiale par la maison mère. 15 disparu-es. Voilà l'effectif est donc passé de 21 personnes et quelques brevets, à 6 personnes (une dans chaque domaine technique), et les mêmes brevets, qui maintenant nous appartiennent.

Je me souviens encore comme hier du beau discours de la réunion de crise où nos patrons nous présentaient les mesures scélérates en disant "nous devons affrontez la crise ensemble, car nous ne voulons supprimer aucun poste".

Bienvenue sur le blog de Marcel.

Bonjour à tou-tes

J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour raconter la merveilleuse aventure du salariat. J'y ai plongé de toute mon âme il y a maintenant plus d'un an, et c'est chaque jour une source d'émerveillement. En cette période de crise économique, je trouve qu'il manquait une source d'information associant l'Entreprise à la joie et au rire. Je vais donc essayer de combler ce manque, en racontant, jour après jour (mais peut être pas chaque jour, il faut quand même travailler pour relancer le pays) mes formidables aventures dans le monde de l'Entreprise. Une forme de chronique salariale en quelque sorte, parceque oui, je suis tombé du mauvais côté de l'entreprise, celui des salarié-es qui en chient.

Pour ajouter une couche d'exotisme à cette aventure, je suis expatrié en Allemagne, où le monde de l'entreprise est parfois différent. La culture salariale, la culture patronale, la culture syndicale, sont chaque jour de nouvelles sources d'émerveillement, mais aussi de nouveaux cas d'étude de grand intérêt.

Voilà. Ce mot d'introduction étant fait, je vous souhaite à nouveau la bienvenue sur mon blog, celui de mes chroniques salariales (extra)ordinaires.

Du Sud-Est des Montagnes germaniques, Sous-commandant salarié Marcel.